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Aria, la ciguë. C’était pourtant prometteur

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Aria est une synesthète, elle associe deux ou plusieurs sens ensemble: elle perçoit ainsi les lettres comme des couleurs, associe des nombres à des positions dans l’espace, ou encore des voix à des figures animales, elle mêle aussi odeurs et couleurs. Il est difficile pour elle de s’intégrer aux autres, toute conversation est complexe à suivre en raison de sa particularité qui la rend extrêmement sensible à son environnement et à ses contacts extérieurs.

Elle reçoit un jour un message codé d’un jeune homme étrange, Xéod, et le suit jusqu’à l’Académie Socrate, une école au sein de laquelle on trouve des gens très particuliers. Aria ne va pas tarder à découvrir que l’académie regorge de secrets et que sa venue est très attendue.

Au départ, la lecture fut prenante. Ayant lu le tome 1 de la série Nessy Names, et ayant été très emballée à l’époque, je me suis lancée avec avidité dans cette nouvelle aventure.

Le début est plutôt bien mené. La synesthésie d’Aria, les difficultés que ce don représente tant dans son appréhension du monde que dans ses relations avec les autres est bien rendu: on sent le mal de vivre d’Aria, sa solitude, mais aussi sa force, car la jeune synesthète a un caractère bien trempé! Elle puise en effet dans sa particularité une force de caractère qui l’aide à affronter le monde et les autres. Sa différence n’est pas juste une « tare » sociale, mais aussi une affirmation de soi, encore faut-il que la jeune fille se montre raisonnable, soit moins prompte à juger, et comme le dit Esméralda, la doyenne de l’Académie, qu’elle mette « de l’eau dans son vin »!

Les personnages sont intéressants, chacun a une histoire propre, chacun a une présence intéressante, bref, la curiosité est attisée.

On se demande ainsi qui est le mystérieux Socrate, le fondateur de l’Académie et surtout, pourquoi a-t-il créé cet endroit? D’autres protagoniste comme Xéod, Esméralda, Aziza ou encore Julius, l’autiste Asperger, ne sont pas en reste,  chacun cache quelque chose. Intrigant.

Pourtant, l’histoire s’enlise peu à peu. Il y a trop de longueur sur le caractère impétueux et asocial d’Aria, et surtout le rythme s’alourdit. Le mystère traîne, la curiosité s’affaisse tant on a l’impression qu’il ne se passe rien. L’enchainement des situations n’est pas fluide, les dialogues deviennent lourds, le nombrilisme du personnage d’Aria énerve tant il dure, bref le mystère devient lassant à suivre et perd de sa saveur.

Il en est de même pour les rapports entre Xéod et Aria, et Xéod et Aziza (des rapports amour/haine, amour/amitié), car ils sont sans saveurs, ne lèvent pas et n’apportent pas ce petit quelque chose qui fait que l’on craque pour les personnages. Vous savez, ce petit détail, cette touche en plus? Je n’ai donc pas fini, j’ai survolé le reste du livre, histoire de me donner une idée de la fin. L’envie n’était plus là.

Ici, tout est trop expliqué, tout est trop décrit. Les explications, les « je vous explique ce que vous êtes en train de lire, ce que les personnages ressentent » tuent la narration, et c’est bien dommage, car le début était très prometteur.

Aria, la ciguë, tome1.Michèle Gavazzi, édition Porte Bonheur, coll. La Clef, 2010.

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