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La citation du jeudi

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2 citations aujourd’hui

« Nathan Bronsky toucha sa femme pour lui montrer un clochard noir qui pissait derrière la Cadillac. Il demanda au riche parent:’C’est ça l’Amérique?’
‘Oui’, dit le riche parent.’C’est ça l’Amérique.’

‘A vrai dire, j’avais plutôt envie de voir la Statue de la Liberté’, dit Nathan Bronsky. ‘Tout à l’heure, en nous apercevant, elle s’est cachée dans le brouillard.’
‘Elle s’est cachée?’
‘Elle s’est cachée.’
 »Tu la verras bientôt’, dit le riche parent.
‘C’est là qu’on va?’
‘Oui, c’est là qu’on va.’

Lorsque Nathan Bronsky aperçut la Statue de la Liberté, pris de panique, un pet lui échappa, car il crut que c’était le Consul Général.
‘Qu’est-ce qu’il y a Nathan?’, demanda sa femme.
‘C’est le Consul Général!’, dit Nathan Bronsky.
‘Le Consul Général?’
‘Le Consul Général’.
‘Tu es certain?’
‘Absolument certain’.

‘Je voudrais toucher un mot au Consul Général’, dit Nathan Bronsky.’Mais je ne parle pas anglais’.
‘Tu sais bien deux mots’, dit sa femme.
‘Oui, très juste’, dit Nathan Bronsky.’Je sais deux mots. Deux mots d’anglais’. dit sa femme.

Nathan Bronsky regarda le Consul Général droit dans les yeux. En faisant cela, il pensa à l’an 1939 et à la lettre du Consul Général qui avait enterré toutes ses espérances. Il pensa également aux quelques centaines de milliers qui, comme lui, dans leur malheur, avait frappé à la porte de l’Amérique, le grand pays de la liberté qui ne voulait pas d’eux…à l’époque. Lui revint à l’esprit le mauvais prétexte du système de quotas.

Fuck America!’

dit Nathan Bronsky au Consul Général. Et il le dit très haut.
‘Fuck America?’, demanda le riche parent.
‘Fuck America!’, dit Nathan Bronsky »

« LE PREMIER JAKOB BRONSKY N’EST QU’UNE PENSÉE. », dis-je. « une pensée que j’avais chassée autrefois, car elle m’effrayait. Si aujourdh’ui le premier Jakob Bronsky pouvait encore me parler, il me raconterait l’histoire suivante:
‘Moi, le premier Jakob Bronsky, je ne suis qu’une pensée. J’ai vécu dans six millions de corps, jusqu’au jour où leurs noms furent effacés. Une fois, je me suis glissé dans la peau d’un garçon de quatorze ans. J’y suis resté un moment. Son Moi devenait mon Moi, son histoire…mon histoire »

J’ai critiqué ce roman ici.

Fuck America, Edgar Hilsenrath, éd. Attila, 2009


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  1. Il faut que je le lise. Pas le choix. Merci de me le rappeler 🙂

    Répondre
  2. Ça a le mérite d’être clair !

    Répondre
  3. Je n’ai pas lu ce livre mais le ton de ton extrait me dit que j’ai manqué quelque chose…
    Il faudra que j’y remédie !
    Merci
    Au plaisir de te lire

    Répondre

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