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Rugir avec les lionnes de Jean-François Chabas

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« La nuit est venue, avec sa lune rousse dans un ciel gris-bleu; la mère et la fille ne bougeaient plus. Les hyènes sont sorties de leur cachette et se sont approchées, accomplissant de sinueux détours. Leurs yeux brillaient parfois d’un grand éclat bref. Quand elle a été très près des grands corps gisants, la hyène sombre a laissé échapper un gloussement de plaisir anticipé; mais la mère et la fille se sont levées, en même temps, s’appuyant l’une contre l’autre, tremblantes. La fille ne se tenait que sur trois pattes, de la gueule de la mère coulait sans interruption un filet de sang clair. Elles ont grondé de concert, et leurs voix disaient, encore:

Nous sommes des lionnes. »


Percutant, fulgurant. Les Lionnes, de Jean-François Chabas, est un roman où s’expriment la grandeur et la force du monde animal.

C’est avec passion que l’on suit le parcours de deux lionnes, mère et fille liées à jamais. La fille est blessée, hors de question pour la mère de l’abandonner. Le lecteur se faufile dans les hautes herbes de la savane, il attend aux aguets, guettant la mort ineluctable. Angoisse, sueur froide, coeur qui bat. Amour aussi.

Nous sommes loin ici des gentils romans animaliers qui abondent en littérature jeunesse. Nous sommes loin ici des projections anthropomorphiques tellement rassurantes.

Ici, c’est la nature dans sa beauté sauvage, la nature brutale, la nature telle qu’elle est. Là est toute sa beauté, avec ces vies, ces combats, ces morts. Un cycle de vie.

Les blessure, la mort font partie de la vie de la savane pour ces deux lionnes. Les hommes aussi ont leur place, chasseurs arrogants. Malgré tout, malgré eux, il reste le rugissement des lionnes.

Chabas finit le roman part une postface vraie, une postface, qui, à elle seule, peut résumer ce merveilleux roman

« Aux plus jeunes de mes lecteurs qui s’attristeraient de cette fin, je voudrais dire de ne pas avoir de peine. La vie, je vous le souhaite, vous apprendra qu’il est bien plus terrible de vivre en hyène que de mourir en lionne. »

Clarabel, The Bloggeuse, a aussi aimé, ainsi que Super Hérisson et la bibliothécaire de Un petit tour en littérature jeunesse.

Les lionnes, Jean-François Chabas, L’école des loisirs, coll, Neuf, 2009.

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