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Un Bal de givre à New York, entre l’entrechat et le faux pas

Publié le

C’est avec impatience que j’ai attendu Un Bal de givre à New York, et c’est quelque peu déconfite que je l’ai refermé. Je suis encore en train d’analyser pourquoi. Les avis sur la toile sont partagés, et c’est tant mieux, car j’aime les lectures qui amènent la discussion et ne se complaisent pas dans un consensus 😉

Tout débute avec un accident: la jeune Anna Claramond se fait renverser par une voiture, son propriétaire, Wynter, l’aide à se relever. Il s’ensuit une invitation au Bal de Givre, l’évènement auquel tous membres de la bonne société new-yorkaise rêvent de participer. Fabrice Colin arrive, dés le début, à créer une ambiance à la fois ouatée et dérangeante, puisqu’on perçoit rapidement que quelque chose « cloche ». On ressent rapidement l’univers d’Anna comme une cloison, d’autant plus que la jeune fille peine à se souvenir de nombreux détails. S’ajoute à cela des parents disparus sans laisser de trace , d’autant plus que le père est célèbre: il est le plus grand architecte de  New York, c’est à lui que la ville doit ses immenses et majestueuses structures qui s’entrecroisent au-dessus de la Grande Pomme. Mais, ces structures s’effondrent peu à peu. À ce décor enchanteur et brinquebalant s’ajoute le Masque, responsable de nombreux enlèvement et auteur de mystérieuses phrases écrites sur les murs de New York, et Anna est sa prochaine victime.

La ville et la mémoire d’Anna sont défaillantes, elles se ressemblent, et c’est peu à peu que le lecteur s’aperçoit de cette concordance. Anna est New York, New York est Anna. Il y une histoire d’amour, enfin, ce qui semble, d’un premier abord, en être une. Anna m’a quelque peu agacée, je l’avoue, j’ai jugé mièvre son comportement, son abandon à Wynter. Car il y a chez la jeune fille un abandon total, qu’elle même n’explique pas. Wynter incarne « le jeune premier », mais la façade s’écaille rapidement et elle lui revient toujours, comme aimantée. Voilà ce qui m’a agacé, ce sentiment qu’elle ne sait pas ce qu’elle veut, son indécision. Et pourtant. Même si l’ensemble m’a quelque peu déconfite, je ne peux m’empêcher de saluer le brio de l’écriture, mais surtout la mise en place des pièces. Tout s’imbrique, tout s’emboîte sans que le lecteur ne s’en aperçoive, pour arriver au moment culminant, à la révélation. Tout ce cloisonnement ressenti, toute cette gêne, cette impression d’étouffer dans ce cadre relevant à la fois de l’enchantement, du rêve et du fantastique, tout ce cadre est réfléchi, y compris l’abandon d’Anna.

J’ai commencé à me lasser de voir Anna s’embourber, et même si cela a une cohérence. Les éléments perturbateurs, Le Masque, une vieille clocharde, la soeur de Wynter tardent à marquer de leur empreinte cette atmosphère qui ne demande qu’à exploser, et surtout Anna, qui ne demande qu’à émerger. Pour finir, la teneur dramatique de la fin m’est complètement passée par dessus la tête, tant elle est évacuée avec précipitation, ainsi, même si le but est de frapper le lecteur d’un grand coup, celui-ci peine à porter tant l’histoire s’enfonce. Mais là aussi, je ne peux m’empêcher d’ y voir un parallèle -narratif- avec Anna, sa vie  son état, ses trous de mémoire, New York qui s’effondre, etc. Je peux dire que tout concorde, oui, tout concorde, mais à trop vouloir faire concorder personnage et expression de la narration, l’histoire perd quelque peu de sa splendeur, mais surtout de sa teneur, et c’est dommage parce que Fabrice Colin écrit bien, oui, et depuis La Malédiction d’Old Haven, je lui suis définitivement attachée.

Les avis mitigés de Fantasia, et Clarabel.Et les avis enthousiastes de Yueyin et Ori.

Bal de givre à New York, Fabrice Colin, Albi Michel, coll. Wiz, 2010.

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  1. Ah vi si la révélation finale t’a laissée froide, je comprends que tu n’aies pas aimé!

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  2. Alors, on va lire d’autres choses !!!
    Bonne journée !

    Réponse
  3. Une fin trop rapide, voilà ce que je lui reproche principalement. Et un mystère trop mystérieux le reste du temps ! Rassurons-nous, Fabrice Colin a sûrement plein de beaux projets pour 2011 😉

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  4. Très intéressante analyse!

    Réponse
  5. eh bien moi j’adore fabrice colin mais je dois avouer que je ne suis pas rentré dedans cette fois-ci. Du coup je suis d’accord avec toi. Tout est bien ficelé mais… pschhht… j’ai pas pu m’y intéresser
    Lisez donc la Saga mendehlson, la malédiction de Old haven ou histoires extraordinaires des gens ordinaires…

    Réponse

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