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La chute de Sparte

Publié le

La première page m’a soufflée. Les mots de Biz, c’est ça : un souffle qui balaie tout sur son passage. L’écriture est rythmée, elle balance. Biz jongle avec des mots qui virevoltent sur la page dans une joute qui semble, au premier abord, jouissive. Mais c’est tout. Si sa verve est une éruption volcanique, le contenu lui est tout autre.

Steeve est un ado iconoclaste: cultivé, grand lecteur, critique de la société, il traverse une adolescence qui ne s’en peut plus de finir. Il partage avec le lecteur sa dernière année de secondaire tout en se questionnant sur sa place actuelle et sur son futur. Entre les tourments de l’adolescence, les tourments de vie, et la mort d’un élève, il pose un regard caustique, mais aussi à la fois tragicomique sur le monde et la société.

Alors oui, c’est un roman riche en références, riche dans la langue, et il faut le saluer. Il y a en effet une tendance à vouloir simplifier le discours en littérature jeunesse. Un mot inconnu, ou une référence inconnue, n’a jamais empêché de comprendre un contenu, bien au contraire. Le texte de Biz est riche en références historiques, littéraires, politiques. Mais on a parfois plus l’impression d’avoir droit à un étalage de connaissances qu’à des références qui servent le texte, c’est-à-dire qui lui font écho et le font ressentir encore plus profondément par le lecteur.

Malgré cette plume alerte, on trouve de nombreux poncifs et des discours didactiques. Le message est tellement présent qu’on a l’impression de se faire donner une leçon. Le lecteur se fait expliquer ce qu’il est en train de lire. Un dialogue est particulièrement mal rendu : celui où il est question de multiculturalisme, d’identité, de religion. Cela ressemble à un magma d’idées énoncées les unes après les autres, on est ici dans le discours et non dans le jeu du dialogue. Faire passer des idées oui, mais à trop les asséner, le propos se perd et ce même s’il est très pertinent.

La quatrième de couverture dit : «La chute de Sparte ressemble à son auteur : drôle, cultivé, aux opinions fortes, aux désirs vifs, et dont la passion pour l’Histoire confère au récit une profondeur insoupçonnée.» Il y a justement trop de Biz dans ce roman. Il y a toujours une partie d’un auteur dans ce qu’il écrit, mais il y a une ligne entre la narration, ici, celle d’un ado qui se raconte, et le discours.

Il est vraiment dommage que cette plume riche, vivifiante et mordante ne tourne que sur elle-même.

Les avis sur La chute de Sparte sont partagés, Sophie et Dominic Tardif sont plutôt circonspects, Sophie de Lala lit lalère et Joëlle de la librairie Monet ont adoré.

Merci à la librairie Monet pour le partage.

La chute de Sparte, Bic, Léméac, 20011

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  1. Eh ben voilà : c’est moi la française qui vais avoir du mal à l’avoir, celui-là ! 🙂
    PS : toi aussi tu as un partenariat avec une (ta !) Librairie Sorcières ? Hi hi hi

    Réponse
    • Peut-être via la librairie du Québec à Paris? C’est un livre de chez Leméac/Actes Sud.

      Et oui, la seule librairie au Québec avec un fond jeunesse incroyable! (ça aide aussi d’y avoir travaillé!)

      Réponse

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