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Et le cheval vert

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A celui qui surveillait jadis le feu

A celle qui porte toujours la lampe

«Il était une fois, dans un pays si grand que trois océans ne parvenaient pas à l’entourer de leurs bras, il était une fois un petit village de rien du tout, un petit village de briques et de bois assis en rond, autour de son église, sur l’herbe rousse et la terre grise.

Et dans ce village-là, les maisons étaient si calmes, si calmes, que même la fumée n’osait pas faire de zigzags en surgissant au bout de leurs cheminées.

Jamais, bien entendu, le chemin du roi, qui se promenait, large et fier, de l’autre côté de la rivière, n’avait eu le droit de s’aventurer parmi elles, de crainte qu’en y semant, de gauche à droite, les nouvelles recueillies dans la traversée du pays, il ne vînt à les éveiller de leur sagesse ou de leur ignorance, de leur silence ou de leur surdité.»

Une dédicace. Quelle dédicace! Un début. Et quel début! Une force dans les mots déjà présente, une atmosphère posée en quelques lignes. C’est de Cécile Chabot, auteure québécoise. Malheureusement, ce livre est épuisé. On le déniche dans les libraires de livres usagés. Pour ma part, je me suis rendue à Boucherville chez un libraire de livres anciens terriblement sympathique et hallucinant. Le monsieur, François Côté, est sur internet -depuis longtemps et ce, bien avant les libraires qui ne font pas dans l’ancien…. (mais c’est une autre histoire ça)- et en plus de nous accueillir avec un grand sourire, sa vieille chatte tout blanche accueille, elle aussi, les visiteurs de façon indolente en venant jeter un coup d’oeil aux nouveaux venus. Une fois rassurée, elle retourne -toujours de son pas indolent- vers les montagnes de livres disposés ici et là. Des livres du 19ème, du 18ème, un livre étrusque même, bref une antre fascinante. Et il y avait Et le cheval vert. Pourquoi lui? Parce ce qu’une amie m’en a parlé. Parce que cette amie je l’aime et que lorsqu’elle me parle de livres ça me parle, et je me vois aussi dans elle.

Les livres passent aussi comme ça. À travers les yeux d’un autre, ceux où l’on voit un peu de soi.

Et le cheval vert, Cécile Chabot, Beauchemin, 1961

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  1. Simplement merci ! Merci de rappeler en cette ère d’immédiateté où le futur proche remplace le présent et où le mot passé est devenu désuet, qu’il y a eu un avant dans la littérature de jeunesse québécoise. Ce Cheval vert en est un très bel exemple. J’aime lorsque des gens comme vous ont le courage, l’audace, l’intelligence d’oser aller à contre-courant des tendances.

    Jacques Pasquet

    Réponse
    • Merci Jacques. Il est important aussi de parler de ces « vieux » titres, car la littérature n’est pas que nouveautés. Car les mots de Cécile Chabot sont tous simplement beaux. Car la narration est fine, forte de sens, un peu nostalgique mais également créatrice de merveilleux. Une telle plume est rare.

      Réponse
  2. Votre texte nous met l’eau à la bouche!! Il semble très attirant ce roman. Je vais voir si ma bibliothèque aurait, par hasard, encore ce titre… Belle idée que de parler des oubliés, surtout quand les textes sont forts.

    Réponse

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