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La collection Zèbre: des rayures pour se fondre dans la lecture

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Le charmant Nicholas, conseiller littéraire pour Bayard Canada, a récemment répondu à ma soif de découvrir la collection Zèbre, présentée comme suit par l’éditeur :

Une autre façon de lire

Zèbre est une nouvelle collection qui s’adresse aux jeunes de 10 à 14 ans. Chaque roman offre une expérience inédite grâce à un contenu dynamique et une mise en page « flyée ». Le lecteur vit ainsi l’intrigue de l’intérieur en suivant pas à pas les aventures de personnages drôles et attachants.

Cette nouvelle collection est également présentée comme une « accroche lecture » pour les lecteurs rencontrant des difficultés de lecture grâce à ses histoires courtes à la narration directe et dynamique.

Zèbre se caractérise également par une mise en page aérée et un visuel dynamique. Le visuel est un élément constitutif et constructif de la narration à part entière. Illustrations, photo, mise en page, insertions typographiques, tout est pensé selon un schéma particulier : le visuel est aussi un élément de lecture. En plus de servir de rebond, de pauses dans la lecture, il la poursuit et même, la complète. Des éléments visuels non gratuits, et J’apprécie particulièrement le souci du détail qui va jusqu’à lier la pagination au thème abordé dans le roman. Ainsi, dans Le mystère des jumelles Barnes , il est question de geocatching : la pagination est associée à des coordonnées géographiques. Pour l’Après-Monde, c’est un folioscope, et pour Hackerboy, des noms d’utilisateurs en ligne.

Chaque roman se caractérise par une narration courte et directe, comme je l’ai signifié précédemment. N’allez pas croire que brièveté et écriture facile et peu travaillée vont de pair! Bien au contraire, réussir à mettre en place action, protagonistes, lieux, atmosphère et capter tout de suite l’attention du lecteur tout en étant direct et bref demande de l’habileté. Aucun de ses romans n’est une redite de style : chaque auteur-e apporte sa patte/sa voix littéraire tout en respectant la nomenclature propre aux romans Zèbre. Cela donne trois romans qui se lisent- ou plutôt se dévorent- tant l’histoire est accrocheuse grâce à une narration maîtrisée. À noter, Bayard propose pour chacun une bande-annonce et des entrevues.

Le mystère des jumelles Barnes, de Carole Tremblay, invite le lecteur dans une atmosphère angoissante où aventure et peur se mélangent avec subtilité. On suit Victor dans sa découverte du géocatching qui va lui faire vivre une aventure où une sombre légende du XIXe siècle va apporter du piquant dont il se serait bien passé… le géocatching va fusionner une vieille histoire de meurtre, une malédiction et la vie de sa sœur… Alors oui, on angoisse, mais on tourne les pages quand même ! Carole Tremblay arrive à camper une histoire intrigante en peu de temps avec un cadre et des personnages bien marqués. La progression de Victor dans une atmosphère nébuleuse et effrayante est créatrice d’images, de sueurs froides, et le coeur bat un peu plus vite qu’à l’accoutumée… Une histoire courte et rondement menée pour une lecture qui se terminera le souffle un peut court.

Au fait, le cimetière dont il est question dans le roman offre vraiment une cache de géocaching….

L’après-monde de Camille Bouchard propose une histoire de science-fiction avec des airs de fin du monde. Nathan et ses amis s’évanouissent après une expérience chimique qui a mal tourné, mais juste avant de s’effondrer ils aperçoivent une lueur étrange dans le ciel. À leur réveil, ils notent un silence effroyable et les habitants ont tous disparu. Ils se retrouvent seuls dans une ville où résonne d’étranges hurlements. Des hurlements à vous glacer le sang. Le cadre apocalyptique est bien dressé : trois jeunes se retrouvent dans une situation critique qu’ils doivent appréhender rapidement pour survivre. Ce cadre est accrocheur par ses images et par une narration où pointe l’urgence, l’horreur, mais aussi l’incompréhension première de la situation. D’un point de vue narratif c’est le cadre spatio-temporel – bref l’aspect apocalyptique -et l’action qui priment, et le lecteur découvre la ville et ses dangers en même temps que les protagonistes. Cette narration dynamique participe à l’appropriation de la lecture par le lecteur. Cependant, cette appropriation devient parfois quelque peu bancale car le ton est parfois inégal. C’est en fait le ton des personnages qui fait sourciller. On oscille entre l’enfant et l’ado par endroits, ce qui coupe la fluidité des dialogues et gruge l’intensité et l’expression de la situation dramatique. Cet aspect n’empêche pas la lecture de rester pleinement dynamique et de créer une atmosphère dont on ressent pleinement la destruction totale. C’est un premier tome qui réussit tout de même à installer les prémisses d’une histoire bien accrocheuse et on se demande ce que la suite nous réserve.

Hackerboy ! Hackerboy ! Hackerboy ! Et oui, j’ai fait du titre du roman de Julie Champagne un cri de ralliement. Alex est H@ckerb0y, un traqueur d’escrocs sur le net. Alors qu’il s’apprête à pirater le serveur d’une compagnie, il tombe sur un courriel qui va le mettre dans le trouble. Hackerboy va être traqué par des cybercriminels oeuvrant pour une dangereuse organisation. Comme pour les deux autres romans, la narration est vive, directe, créatrice d’images et propose une action menée tambour battant. À cela s’ajoute un humour dévastateur. Un humour bien ciselé dont le héros, Alex, fait sa marque de commerce. On tombe sous le charme de cet adolescent passé maître dans la dérision et l’autodérision. Humour encore avec des personnages secondaires savoureux. Humour toujours avec des comiques de situations, des réparties et pensées fines drôles qui ponctuent les situations dramatiques. Cet aspect m’a d’ailleurs fait penser aux réparties de films d’action, celles que prononce un héros plus qu’improbable qui nous propose une histoire elle-même plus qu’improbable et pourtant diablement accrocheuse. Hackerboy, c’est un peu ça : un héros improbable, une histoire au dénouement improbable… mais terriblement réjouissante ! C’est le propre de la fiction, non ?

Sophie a réalisé des billets très complets sur la collection Zèbre et sur chacun des romans. Allie a beaucoup aimé Le mystère des jumelles Barnes, et Susane Duchesne de la librairie Monet en parle aussi.

Le mystère des jumelles Barnes, Carole Tremblay, Bayard Canada, coll. «Zèbre», 2011, 135 p.

L’après-monde, Camille Bouchard, Bayard Canada, coll. «Zèbre», 2011, 151 p.

Hackerboy, Julie Champagne, Bayard Canada, coll. «Zèbre», 2011, 123 p.

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  1. Je vais sûrement aller jeter un coup d’oeil lors de ma prochaine visite en librairie.
    Tu es une vilaine tentatrice …
    Et merci de l’être !
    Amicalement

    Répondre

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