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Le cycle de Varrandinn, tome 1 : La pièce du passeur. Un premier roman, un début prometteur

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Pas mal. Vraiment pas mal. Voilà le premier qualificatif qui me vient à l’esprit pour le premier roman de Sébastien Larabée, La pièce du passeur, tome 1 du Cycle de Varrandinn.

Le roman débute avec le retour en Almurienn du prince Benjamin qui, quinze ans plus tôt, abandonna son peuple aux mains du terrible Saul. Un abandon, une trahison. De retour chez lui, il ne peut que constater la dévastation et la désolation de ses terres. Déterminé à combattre Saul pour rendre la liberté à ses gens, Benjamin va devoir faire face aux conséquences de sa fuite et affronter son meilleur ami qui lui voue une rancœur féroce. Le chemin de la rédemption sera pénible et tragique, et il ne peut en être autrement.

Dès le début, le cadre spatio-temporel est posé. À la fois énigmatique et hypnotique, le lecteur pénètre dans un monde inconnu où l’on sent qu’un souffle épique va bientôt prendre son envol. Les premières images naissent et sont évocatrices du monde de Benjamin tant dans la noirceur qui l’habite présentement que dans les souvenirs plus joyeux qui se rappellent au bon souvenir du prince. On adhère à ce monde et il est difficile de sortir de sa lecture tant le déroulement de l’histoire est entraînant : il n’y a en effet pas de temps mort dans ce roman de 466 pages. Sébastien Larabée alterne entre une narration active et l’évocation de faits, ce qui permet l’installation d’ellipses et à la fresque de se dérouler sans longueur. La narration est fluide et dynamique sans pour autant être simpliste.

L’ampleur épique de l’histoire prend aussi sa source dans un vocabulaire riche et ciselé, utilisé tant dans les descriptions que dans les dialogues. Une histoire se tient aussi par ses termes car ceux-ci reflètent aussi le monde dans lequel les personnages évoluent, et donc dans lequel le lecteur s’immerge. Il est fort agréable de suivre une plume qui est à la fois habile et intelligente où les mots se font le miroir de l’action, de l’atmosphère et des personnages.

L’ensemble des personnages présente des identités intéressantes : par exemple le Flingueur ou encore Sarah / La Rouge ont des caractères forts et qui renvoient à des univers intrigants. Sarah évoque la magie ancienne d’un monde en apparence révolue, et Le Flingueur porte en lui les traces d’un univers de progrès et de modernité, celui de Colt City. Tous deux sont entre deux mondes et en sont à la fois l’évocation et l’incarnation. Pourtant, on peut regretter une légère faiblesse dans la caractérisation des différents protagonistes. Certes, celle-ci est efficace car les portraits sont clairs, mais c’est dans leurs relations avec les autres que cela pèche un peu. La force d’une identité ne s’imprime pas uniquement dans l’évocation – ni dans l’action d’ailleurs – elle passe aussi par les interactions avec les autres. L’utilisation de certaines ellipses narratives ne permet pas l’éclosion identitaire nécessaire à la parfaite caractérisation des personnages et fait sonner certains passages comme précipités alors qu’on en voudrait plus. Les liens interpersonnels ainsi quelque peu éludés ou peu marqués amoindrissent l’ampleur affective de certaines scènes.

Si les personnages n’opèrent pas toujours le charme auquel on s’attend, la lecture engendre pourtant une véritable attraction. Le souffle épique de ce roman fantastique contient la promesse d’une série envoûtante et à grand déploiement. Un premier roman, un début prometteur.

Le cycle de Varrandinn, tome 1 : La pièce du passeur, Sébastien Larabée, Québec Amérique, coll. «Titan +», 2012, 466 p.
 
 
Merci à la librairie Monet pour le roman!
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