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Archives de Catégorie: Littérature jeunesse

Jean a deux mamans: la marginalité avancée comme motif de censure

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En 2004, le tout-carton Jean a deux mamans a soulevé la controverse car il met en scène un couple de lesbiennes élevant un enfant. Une mère s’en était émue. Elle se sentait mal à l’aise avec ce livre, se sentait «piégée» et trouvait intolérable la présence du livre en bibliothèques. D’après une citation du site internet Culture et questions qui font débats, elle s’est demandée si elle était intolérante. Au moins, cette lectrice se posait la question, s’interrogeait sur le fait que ce livre la gênait, et qu’elle ne se sentait pas prête à le lire à son enfant. Tout le contraire de la pédiatre Edwige Antier pour laquelle « ce genre d’histoire peut nuire à la construction de l’enfant ». La pédiatre parle de l’homosexualité comme «un fait marginal» et qu’un tel livre véhicule des « anti-valeurs ». Ses termes, malheureux et effroyables à mon sens, sont les siens, sont une opinion qu’elle ne fait qu’exprimer. Par contre lorsque la pédiatre assène que « Les idées marginales doivent être le choix des parents, en aucun cas celui d’une bibliothèque municipale ou d’une mairie », cela relève d’une forme de censure. La bibliothèque publique ne doit donc pas être une bibliothèque pour tous. « La marginalité » semble, dans son discours, assimilée à quelque chose de mauvais. Mais qu’est-ce que la marginalité? Le Robert offre plusieurs définitions: cela peut être quelque chose d’accessoire, de secondaire, ou encore: « une personne vivant en marge de la société parce qu’elle en refuse les normes ou n’y est pas adapté ».

Le discours de Edwige Antier est donc de refuser toute visibilité ou tout contact avec toutes idées -et donc personnes- n’étant pas dans la norme. Mais quelle norme, celle dictée par qui? Elle qualifie aussi de marginal l’idée qu’un couple homosexuel puisse élever un enfant, et, en l’occurence qu’elle fasse bien, et qu »ils soient des parents comme les autres. Car tel est le propos de Jean a deux mamans: peu importe que le petit loup ait deux mamans, il est heureux.  Son discours sous-entend aussi que l’homosexualité est une idée marginale qu’il ne faut pas propager…. Édifiant.

Une bibliothèque est un lieu d’expression, pas seulement un lieu de conservation, sa tâche est de laisser les idées libres de circuler et de les diffuser. L’Association des bibliothécaires français (ABF) avait défendu «le droit à l’accès de tous les points de vue pluralistes, au sein des bibliothèques».

Les bibliothécaires se battent souvent contre des récriminations et plaintes d’usager qui estiment intolérables que certains ouvrages se retrouvent à la disposition du public parce qu’eux-mêmes s’en trouvent heurtés. Des usagers qui estiment que leur façon de voir le monde est la bonne, l’unique. Comme si une bibliothèque devait être à l’image de ses usagers. Non, une bibliothèque est une ouverture vers l’autre, vers des territoires inconnus. Son image n’est pas fixe, elle se doit d’évoluer un cran à l’avance de la société selon moi. N’est-ce pas comme cela que nous pouvons évoluer, en tant qu’être intelligent, dans un ensemble de possibles?

 

C’était en 2004. La société évolue lentement. La censure entre souvent en jeu lorsque les bases de la société et ses références se trouvent chamboulées. La société évolue plus lentement que les idées. C’était en 2004, mais je m’étonne encore que de tels propos aient pus être tenus à l’époque. Quelle naïve, je fais… car finalement, entre 2012 et 2004, il n’y a pas tant de différences que cela. Bien sûr, le sujet de l’homosexualité est abordé un plus souvent, plus ouvertement dans la littérature jeunesse. Mais encore là, les idées évoluent plus vite que les gens.

 

Jean a deux mamans, Ophélie Texier, école des loisirs, coll. «Loulou et cie», 2004.

 

Autre titre sur l’homosexualité, encore la censure?

Marius, de Latifa Aloui et illustré par Stéphane Poulin, édité aux 400 coups (et en France à L’Atelier du poisson soluble) semble avoir suscité quelques réactions, et fait partie des livres qui posent problème aux médiateurs du livre. Cependant, je n’en sais pas plus, j’ai trouvé peu d’informations à ce sujet via les ressources web. Qu’en est-il exactement pour cet album, je suis bien curieuse de le savoir.

 

 

 

 


Les albums à offrir au Père Noël *1

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Avec l’approche de Noël, on voir fleurir maints top 5, et maintes suggestions de livres à offrir à Noël. Mais tous oublient quelque chose. Ou plutôt quelqu’un. Qui donc? Mais le Père Noël, voyons!! Le seul à y avoir récemment pensé c’est Antoine Guilloppé avec l’album Noël pour tous! La touche noire et blanche de Guilloppé, avec quelques couleurs cette fois-ci, a créé un album qui nous fait voyager et frissonner. D’Est en Ouest, du Nord au Sud, de pays chauds en pays froids, Père Noël n’oublie personne. Et sa maman ne l’oublie pas non plus. (Bah oui, le Père Noël a une maman…il sort d’où sinon?!)

Cette année, j’ai décidé moi aussi de faire des cadeaux au Père Noël. Et devinez quoi, je vais le couvrir de livres! Ainsi, dans la hotte du pissenlit-ou plutôt dans les trois hottes- on trouve des albums, des romans et des documentaires.

Débutons avec la première hotte, celle des albums.

Ainsi du côté des albums, j’ai sélectionné LES titres, ceux qui, selon moi, sont la perfection à l’état pur. Et oui, lorsqu’il s’agit de gâter le vieux bonhomme en rouge je deviens grandiloquente aussi bien en paroles qu’en livres.

Une chanson d’ours de Benjamin Chaud est le premier de ces cadeaux. L’offrir, m’arrache -un peu- le coeur, car j’en suis amoureuse, folle, raide dingue, bref je l’adore. Mais pourquoi donc? me direz-vous. Et vous avez bien raison de vouloir en savoir plus. Imaginez un album. Imaginez un texte au rythme entraînant, à la narration bien chaloupée. Imaginez une histoire à la fois drôle, fantasque et pleine d’imagination. Imaginez ensuite des illustrations dignes des plus grands paysages, celle où chaque détail est un bonheur à l’état pur. Imaginez ensuite que ces illustrations racontent elles aussi une histoire, et même plusieurs. Imaginez des clins d’oeil. Imaginez que vous croyez avoir tout vu, et qu’en fait… non. Imaginez l’alliance entre ce texte et ces images. Voilà, tout est dit.

Côté album, il y a aussi ce petit coffret à tomber, Les Minichats, de Bruno Gibert. Décidemment, Bruno Gibert est un créateur qui m’étonne de plus en plus. Sa touche graphique m’a étonnée, car au premier abord je ne l’ai pas reconnue. Avec ces Minichats on évolue dans un univers visuel un peu rétro mais moderne également. Un graphisme qui attire le regard par sa douceur, son côté « réminissence » et la fantaisie qui s’en dégagent. Entre histoires et anecdotes drôles et fantasques, Bruno Gibert raconte les aventures à la narration fine et rythmée de quatre petits personnages, quatre minichats, qui s’attachent à vos basques pour longtemps. Un coffret de quatre petits livres aux couvertures toilées, recouverts d’une jaquette et s’abritant dans un coffret rouge et jaune flamboyant. Des petites boules de poils dans un bel écrin.

Il y a aussi Service de nuit, de Erie Sonoda. Service de nuit fait partie de la collection Tesselles de Bologne, aux éditions

Lirabelle, Tesseles de Bologne propose de constituer une mosaïque de la jeune création vue depuis la Foire Internationale du livre pour enfants.

Lorsqu’un crocodile rate le dernier bus de nuit, il doit faire de l’auto-stop. C’est un lapin qui va le prendre, à condition que crocodile ne le croque pas…Il s’ensuit un voyage au coeur de la nuit. Illustrations en noir et blanc, tamisées, d’où sortent une certaine douceur, mais aussi un aspect angoissant, car inconnu, de la nuit. Erie Sonoda retranscrit physiquement ce que peut être une sortie dans la nuit profonde, sortie qui se fait sur des pas incertains, et où tout semble décalé car la nuit est un autre monde, une autre façon de regarder. Album hypnotique, on adhère totalement à ce voyage au bout de la nuit, un voyage pastel qui finit sur une aurore pastel, elle aussi. Car veiller la nuit et s’éveiller au petit matin c’est un peu un même état second:celui où le regard est autre.

Bref, vous l’aurez compris, je ne veux offrir au Père Noël que des beaux albums, ceux qui tranchent dans une production conventionnelle. Il m’en reste quelques-uns. Et les voici, un peu pêle-mêle:

La mer de Marianne Dubuc, l’auteure de l’incroyable Devant ma maison, est un album sans texte que La Pastèque a réédité dans un format plus grand et cartonné. Et ça fait du bien, car dans un petit format les traits de Marianne Dubuc ne pouvait s’épanouir et le texte raconté par l’image avait du mal à éclater. Lorsque monsieur le chat, imbu de sa personne, s’en prend au poisson du bocal, il est loin de se douter que cela ne sera pas une mince affaire de l’attraper. Et oui, le poisson vole, vole, et échappe aux griffes du matou. Histoire sans texte, ou plutôt, histoire aux images textées, La mer est un voyage graphique où tout est possible, comme marcher sur la lune ou poser les pattes sur les étoiles. On feuillette, on s’attarde, on se pose un instant comme le chat qui guette sa proie, pour entrer dans une histoire où le coucher du soleil est la plus belle des réponses et des fins. Légèreté, tendresse, humour, dynamisme, douceur, et contemplation, voilà ce que réussit Marianne Dubuc, une illustratrice qui mérite plus qu’une simple mention spéciale.

Pour l’odeur, pour le graphisme, pour le toucher, pour le mystère et le charme, j’offre sans hésiter au Père Noël  The Night Life of Trees, un livre conçu, à la main, par Tara Books selon les principes du Gond Art.Trois artistes, trois visions d’arbres, trois voies où esprits et nature se côtoient. Un livre où la nature se fait mythe et l’Homme bien petit.

En allant un peu plus au fond de ma hotte, on trouve Botanique Circus, de Frédéric Clément. Ma rencontre avec ce grand monsieur remonte au Livre épuisé, et, depuis, dès qu’un de ses livres arrive, je ressens une tendresse infinie pour lui sans l’avoir encore lu ! Un des droits du lecteur c’est aussi l’anticipation rêvée.

Entre poésie et fantasmagories, la langue du poète Clément se délie et invite à faire un tour de piste dans son Botanique Circus. Plus que L’Herbier des fées de Benjamin Lacombe (visuellement très beau tout de même), Botanique Circus est une perle rare où rien n’est trop lisse, où tout est sujet à la divagation un peu folle à l’originalité.

Comme j’aime le papier et ses artisans, je veux que Père Noël découvre L’endroit où dorment les étoiles, de Katsumi Komagata, aux éditions Les Trois Ourses. Je veux qu’il découvre un grain de papier et des découpes où se dévoile sur fond blanc l’histoire des étoiles. Je veux qu’il soit surpris par les petites découpes qui précèdent chaque pas dans la vie d’une étoile, des petits morceaux qui font écho, des miroirs visuels, où la magie du papier. Je veux qu’il ait ce livre-vallon où chaque courbe est une invitation à la découverte de la force du papier et des histoires qui s’y dessinent et s’y écrivent.


Je veux enfin que le Père Noël redevienne un enfant et se souvienne. Je veux qu’il se rappelle le sentiment vécu lorsque âgé de six ans, il quittait la chaleur rassurante de sa maison pour traverser le froid de l’hiver et l’étrangeté des bois pour se rendre à l’école. Je veux qu’il se souvienne de sa voix chantante et des chansons qu’il fredonnait pour rester brave et repousser l’étrangeté sombre de ces bois. Je veux que son enfance revienne à lui un instant, dans toute sa douceur, ses peurs enfantines, et sa force. Je veux qu’il murmure en rythme et en légèreté Singing Away the Dark et que songeur, il referme en souriant cet album chantant et envoûtant.

Une chanson d’ours, Benjamin Chaud, Hélium, 2011.

Les Minichats, Bruno Gibert, Albin Michel jeunesse, 2011.

Service de nuit, Erie Soboda, Lirabelle, coll. «Tesselles», 2008.

La mer, Marianne Dubuc, La Pastèque, coll«Pamplemousse», rééd. 2001.

The Night Life of Trees, Bhajju Shyam, Durga Bai, Ram Singh Urveti, Tara Publishing, 5ème édition, 2009.

L’endroit où dorment les étoiles, Katsumi Komagata, Les Trois Ourses, 2004.

Singing away the Dark, Caroline Woodward, ill. de Julie Morstad, Simply read books, 2010

J’ai découvert Service de nuit grâce à l’opération Masse critique de Babelio

Oh, Madeleine, Madeline!

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Sur la page facebook Dessins animés vintage, mise en place et animée par Vincent Cuvellier, j’ai découvert que Madeleine, la petite héroïne de Ludwig Bemelmans, avait aussi fait l’objet de dessins animés. En me plongeant donc dans Madeline (Madeleine en français), je me suis souvenue de trois choses:

1. de mon collier Madeleine

2. de mon bloc-notes Madeleine

3. du livre Le Noël de Madeleine

Mais qui est Madeleine? Madeleine est la plus petite des douze petites filles qui vivent dans une vieille maison parisienne.

«À Paris, dans une vieille maison

Aux murs recouverts de vigne

Vivaient douze petites filles.

Chaque jour, à neuf heures et demie,

Par beau temps ou sous la pluie,

Parfaitement rangées, elles quittaient le gîte.

C’était Madeleine la plus petite.»

Ludwig Bemelmans a écrit six histoires de Madeleine, la première date de 1939. D’où vient le charme de Madeleine? Certains diront que c’est son coté désuet, d’autres que c’est la nostalgie. Pour ma part, je dis que c’est tout simplement parce que Madeleine est une bonne histoire. peut-on arrêter d’utiliser comme argument l’aspect « vieillot » d’un livre pour justifier l’intérêt -l’amour, même- qu’on lui porte? Ludwig Bemelmans a tout simplement créé un personnage qui a à la fois une forte présence narrative et graphique.  D’ailleurs, graphiquement, comme le dit Francesco Pittau sur la page facebook de Dessins animés vintage: « J’adore ses albums… y m’ font marrer ceux qui croient être libres graphiquement aujourd’hui… quand je vois Bemelmans… bref… »

En plus, d’un beau sens de la narration, Bemelmans raconte des histoires où pointe de la fantaisie, de l’humour, du charme, des histoires où les mots créent un instant magique et où les illustrations de Bemelmans donnent coeur à un univers à part entière.

Le Noël de Madeleine est un livre de Noël, certes, mais pour vous en parler nul besoin de faire un résumé de l’histoire, après tout un livre de Noël est un livre de Noël, non?, Les livres de Madeleine, ce sont surtout des livres qui donnent envie de donner la main à ces douze petites filles, et surtout à… Madeleine.

Le Noël de Madeleine, Ludwig Bemelmans, trad. de Michèle et Christian Poslaniec, l’école des loisirs, coll. «lutin poche», 1987

Un billet parfait pour débuter ma participation au challenge « La littérature jeunesse d’hier et d’aujourd’hui », catégorie littérature d’aujourd’hui (c’est-à-dire, à partir de 1985)

Mots doux pour endormir la nuit

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Il y a quelque temps je mentionnais qu’un extrait de Mots doux pour endormir la nuit avait suffi à me séduire et à m’influencer pour ne pas attendre sa disponibilité en bibliothèque, et donc, l’acheter. C’est chose faite aujourd’hui.

Je suis généralement assez difficile avec les livres-cd, qu’il s’agisse d’histoires, de comptines, de berceuses, de chansons ou de poésie, je suis « sélectlivre ».

Je suis très sensible à deux choses dans un premier temps: les voix et l’ambiance musicale. Rien n’est plus horripilant qu’une voix aux fausses intonations ou qui s’adresse aux enfants avec un petit ton gazouillant pour les bébés. La musique ensuite. La musique fait partie de l’essence même du livre-cd, et celle-ci n’est bien trop souvent qu’un amalgame de bruits et d’instruments créant un son « enfantin » et, bien souvent, insupportable. La musique d’un livre-cd n’est pas juste un accompagnement musical, elle se doit aussi de raconter (à ce titre, les éditions Milan, Didier, La Montagne secrète et Gallimard font un excellent travail). La musique est un espace de création et les enfants ont droit à de la qualité, à du style, et à de l’innovation. Alors, oui, le classique, la guitare, le rock, le jazz c’est aussi pour les enfants, et même la musique métal…

Une fois que la musique et la voix m’ont laissée entrer dans leur univers, là, je prête attention au texte. Encore une fois, comme pour la musique et la voix, je rejette toute mièvrerie. Comptines, chansons, berceuses, poésie, textes, et contes doivent séduire par leur fluidité et leur voix narrative.

Et alors, me direz-vous, qu’en est-il Des mots doux pour endormir la nuit?

Et bien, je vais encore faire une digression 😉 J’ai vu passer de nombreuuuxxx ouvrages sur le thème du dodo et de la nuit et beaucoup sont…. pédagogiques. Une histoire? Que nenni! Message, message, message. Du côté des livres-cd, sur ce thème, ce problème se retrouve rarement car la production propose surtout des recueils de berceuses et chansons traditionnelles, et de berceuses du monde (ohh, celles de chez Didier !!). Bref, ce qui fait déjà parti d’un patrimoine culturel est souvent mise en exergue encore et encore dans les livres-cd. Cela n’est pas mauvais, loin de là. Mais en ce qui concerne la création de (bons) textes pour les petits, le genre de la berceuse et de la poésie sont plutôt… folichons.

mots douxMots doux pour endormir la nuit n’est pas de ces livres-cd insupportables dont j’ai parlé ci-dessus. Commençons par les éléments auxquels je suis sensible.

Tout d’abord la musique, signée Étienne Loranger. Enveloppante, calmante, elle invite à se poser, à fermer les yeux et à écouter, vraiment. S’arrêter quelques instants, ne rien dire. Les instruments à cordes, ici le violon, l’alto, et le violoncelle rebondissent légèrement sur l’accordéon, l’accompagnant dans les mouvements de la voix du conteur Jacques Pasquet.

Ensuite, la voix. Elle est calme, posée. Elle dit, elle raconte. Le ton invite à l’écoute. Jacques Pasquet est conteur. Pour ceux qui en doutent encore, oui, c’est un métier, un vrai. On entend tout le métier dans cette voix, mais aussi toute la passion de raconter, et surtout le plaisir de le faire.

Et enfin, les textes. La poésie pour les petits ça doit être une poésie comme pour les grands, elle doit faire frissonner, elle doit toucher. Jacques Pasquet offre des mots très doux, où la nuit et les rêves deviennent des petits moments. La littérature c’est ça aussi, la création de moments uniques. Les moments de ce livres-cd sont parfaits pour apprivoiser la nuit et entrer dans le sommeil, et les illustrations de Marion Arbona sont comme les rêves : entre étrangeté, mondes inventés, mondes rêvés, elles apportent à l’album un visuel onirique où la douce folie des rêves éclate.

La poésie n’a pas d’âge.

Drôle de rêve

À califourchon

Sur l’oreiller de la nuit

Un drôle de rêve

Tout rond

Se glisse au creux de ton sommeil

À quatre pattes

Au milieu de ton lit

Il dessine des images

Paysages nocturnes

Qu’il cache sous ta couette

Jacques Pasquet

Pour en écouter, un extrait, c’est par ici:

Mots doux pour endormir pour la nuit, images poétiques pour un oreiller, Jacques Pasquet, ill. de Marion Arbona, musique de Étienne Loranger, Planète rebelle, 2011.

Nouveau: je suis affiliée avec Rue des libraires. Qu’est-ce que cette affiliation? Et bien, si vous achetez un des livres proposés sur Sous un pissenlit via Ruedeslibraires.com, vous encouragez un libraire indépendant et je reçois un pourcentage sur les ventes générées par les liens affichés sur ce blogue. J’ai décidé de reverser ce pourcentage a une association dédiée à la promotion de la lecture et de la littérature jeunesse, soit La Fondation pour l’alphabétisation ou la Campagne pour la lecture. J’aimerais leur verser alternativement l’argent. Cela risque de prendre du temps car je ne publie pas frénétiquement et je ne m’attends pas non plus à générer des « milliards de dollars », mais cela me tient à coeur.

Pour acheter Mots doux pour endormir la nuit, c’est par ici

Tiens, un dernier partage : une de mes coups de coeur du moment, découvert via une orthophoniste. Il s’agit d’enfants qui chantent, et ils ont aussi participé la création de la chanson. Résultat?On l’a dans la tête!

Alors je vous présente la chorale, les Enfantastiques!!! Clap, Clap, Clap!

L’automne, Lucas, le renard et Bobi+Bobi

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L’automne me fait m’éparpiller, un peu, beaucoup. Je fais des liens parfois…. surprenants, disons.

L’automne me rassure toujours.

Les feuilles tapissent la rue de leurs couleurs rayonnantes et les feuilles se font nuage sous mes pieds et, inexpliquablement,  je pense à cette illustration de l’album Un ami pour Lucas, de Chun-Liang Yeh et Bobi+Bobi. Peut-être parce que les couleurs et l’atmosphère me rassurent aussi, d’une certaine façon.

Cet album est  inspiré d’une rencontre entre l’auteur et un renard à Oxford. La fugacité de cet instant l’a mené à Lucas et son renard. L’aplat des illustrations, leurs traits à la fois posés et délicats, et les couleurs choisies créent un univers, une bulle rassurante. Ici, la fugacité devient une réminiscence. La preuve?  L’automne qui me fait éparpiller un peu, beaucoup.

Une découverte en image et en musique est disponible sur le site des éditions HongFei, ainsi qu’une entrevue avec l’auteur, Chun-Liang Yeh

Gaëlle a aussi beaucoup aimé,et nous a déniché une entrevue avec Bobi+Bobi sur BSC News de juin 2010.

Un ami pour Lucas, Chun-Liang Yeh et Bobi+Bobi, Hong Fei Cultures, 2010

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