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Archives de Catégorie: Romans jeunesse

L’oeil de la corneille, Shane Peacock. Sherlcok Holmes, pour toujours.

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Entre mystère et fascination, Sherlock Holmes est une empreinte de l’enfance. Je me souviens des romans de Conan Doyle sans pouvoir, étrangement, me souvenir de l’un d’eux en particulier, car ce qu’il me reste de lui oscille entre fugacité et rêverie. Le souvenir, un sentiment si étrange, parfois. Je classe Sherlock dans les souvenirs remplis d’affection. Et même si, lors de la lecture, je sentais que certaines choses m’échappaient ou que je ne comprenais pas tous les mots, peu m’importait, car j’aimais mon détective. Je l’aimais, oui.

oeil-de-la-corneilleAlors, lorsque je me suis plongée dans L’œil de la corneille, je l’ai fait avec crainte et une légère réticence, car je craignais de perdre les traces laissées par mes souvenirs, de les voir saccagés. Il est terrible de perdre les saveurs laissées par les lectures d’enfance, c’est comme si une part de nous s’altérait, se déchirait et se perdait, définitivement.

Mais, quelle surprise ! Quel bonheur de retrouver mon Sherlock… et de le découvrir aussi.

Merci Shane Peacock. Merci de faire revivre avec délicatesse et intelligence un des héros les plus marquants de mon enfance, et de la vôtre aussi, car on sent à la lecture que vous aimez Sherlock, que vous le respectez.

Peacock nous emmène dans un Londres où, entre l’aristocratie et les quartiers mal famés, notre jeune Sherlock Holmes mène sa première enquête avec brio. L’atmosphère de l’époque est admirablement bien rendue. Peacock a un sens du détail qui apporte au roman une saveur toute particulière, il est de ces auteurs qui permettent de s’approprier les lieux et de les visiter véritablement. C’est donc avec plaisir, et non sans quelques frissons, que l’on s’immerge dans ce Londres du dix-neuvième siècle. On se surprend même à entendre résonner ses propres pas sur les pavés londoniens.

Peacock nous embarque dans les méandres d’une enquête sinueuse et dangereuse, il nous plonge dans les bas-fonds d’une ville et nous perd dans les tréfonds de l’humain. Notre jeune Sherlock va devoir enquêter sur un coupable pour pouvoir se disculper. Dés le début, son intelligence, son impétuosité et son sens de la justice sont là, présents, sa solitude aussi. L’art et la virtuosité de Sherlock Holmes naissent sous les yeux du lecteur, et c’est avec avidité que l’on suit notre détective, avec angoisse aussi. On sent imperceptiblement que derrière cette naissance se cache une faille, une brisure irréparable. Sherlock Holmes recolle les morceaux, alors que lui-même semble être un éclat de verre brisé, fêlé. De là aussi naîtra sa superbe.

Au détour de sombres ruelles, il ne résoudra pas seulement un crime, il se trouvera, se créera lui-même, Sherlock Holmes détective, mais à quel prix…

Une genèse est dessinée, un personnage hors du commun renaît. Encore une fois je me retrouve nourrie par une lecture, je laisse le souvenir prendre sa place, je laisse Sherlock Holmes, héros et fascination de mon enfance, devenir une nouvelle empreinte, je le laisse vivre à nouveau. Peut-être deviendra-t-elle fugace, peu importe, car il est là, quelque part.

La jeunesse de Sherlok Holme. L’oeil de la corneille, Shane Peacock, Bayard Canada, traduction de Pierre Corbeil, 2008

Nouveau: je suis affiliée avec Rue des libraires. Qu’est-ce que cette affiliation? Et bien, si vous achetez un des livres proposés sur Sous un pissenlit via Ruedeslibraires.com, vous encouragez un libraire indépendant et je reçois un pourcentage sur les ventes générées par les liens affichés sur ce blogue. J’ai décidé de reverser ce pourcentage a une association dédiée à la promotion de la lecture et de la littérature jeunesse, soit La Fondation pour l’alphabétisation ou la Campagne pour la lecture. J’aimerais leur verser alternativement l’argent. Cela risque de prendre du temps car je ne publie pas frénétiquement et je ne m’attends pas non plus à générer des « milliards de dollars », mais cela me tient à coeur.

Pour acheter L’oeil de la corneille, c’est par ici

Cette critique a été publiée une première fois sur le site de la Librairie Monet (la meilleure librairie jeunesse de Montréal! ;-))

La maison: vie, foyer, amour… et lecture en réseau

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J’écris régulièrement des chroniques pour Educathèque, et, de temps en temps, je me plonge dans la lecture en réseau. Moment de béatitude totale pour moi, car je fouille, je lis, je fais des liens, j’écris, je réécris. J’aime particulièrement me prêter à l’élaboration de ces lectures en réseau, surtout que l’équipe d’Educathèque, Mélissa et Pascal, fait un travail formidable. Au milieu des ressources pédagogiques proposées aux enseignants, je pointe mon nez et me fait un plaisir de partager mes coups de coeur, mes thématiques et mes suggestions de lectures en réseau. La première que j’ai réalisée portait autour de la symbolique de la maison. La voici ici, sous le pissenlit.

Une maison vit et respire : dès l’enfance, la maison est le lieu du quotidien par excellence. En plus de remplir son rôle d’habitat protecteur, on y trouve son confort, et parfois même du réconfort. Dans ce lieu de vie on mange, on dort, on pleure, on rit, on se réunit, on joue à cache-cache, on s’invente des mondes, on fête, etc. La maison existe donc par les liens que nous créons en son sein entre les êtres et par les souvenirs qui s’y construisent. Bref, la maison est tout un symbole ! Un symbole qui va plus loin que le fait d’avoir un toit sur la tête. La maison c’est la famille, le foyer, la vie ensemble, l’amour, et bien d’autres !

Et si vous ouvriez des portes, si vous en fermiez, si vous en claquiez ? Mieux encore, créez-en ! Voici donc quelques titres, pour vous aider à construire une lecture en réseau autour de ce symbole. Il est à noter que plusieurs livres comportent le mot-clé dans leurs titres… une ruse je vous dis !

Comme livre déclencheur, celui qui pose la première pierre, je vous propose le roman Hubert-Léonard, de Bénédicte Froissart car la symbolique qu’il renferme est peu évidente. En effet, commencer avec un livre en apparence insaisissable va permettre de l’éclairer ultérieurement via les autres titres présentés. Hubert Léonard nous met en contact avec l’habitant du 22, rue du Genévrier, un être insaisissable et intemporel qui a vu défiler des vies et qui incarne l’âme de la maison. La maison aurait donc une âme ?

Le documentaire est également une option intéressante pour poser cette pierre. En présentant les maisons d’ailleurs via Maisons d’ailleurs racontées aux enfants d’ici, ce ne sont pas seulement des lieux que vous affichez, mais ce sont aussi des hommes, des peuples, qui vivent différemment. La maison devient ici un dénominateur commun.

Une maison de briques, de paille ou de bois ?

La maison est d’abord un univers physique, comme le suggèrent le tout-carton Devant ma maison et l’album Dessine-moi.. une maison. Dans le cartonné de Marianne Dubuc, on voyage d’une chose à l’autre, et les objets associés dévoilent le quotidien de l’enfant, mais attention, l’imagination a aussi sa place, car les liens établis nous amènent aussi dans un univers plein de fantaisie ! Le format de l’imagier permet de prendre conscience que la maison s’inscrit dans un univers bien plus grand que soi. Vous entendez déjà  vos grands enfants vous dire :« Un livre pour les bébés ? Voyons donc ! » À vous de les bousculer un peu dans leurs lectures, et surtout de les intriguer ! Une maison c’est aussi de la géométrie, des formes, bref du concret.

Au fur et à mesure des pages de Dessine-moi…une maison, une maison se construit sous nos yeux. Cela se fait pas à pas, et il faut penser à tout : porte, toit, fenêtres, etc. Sur un ton très doux, l’album suggère que c’est aussi un lieu pour les amis, un endroit pour se protéger de la pluie, pour lire, etc. La maison est donc une construction géométrique, mais elle est aussi composée de choses, d’objets, etc. Qu’en est-il donc de son intérieur ?

Delphine Chedru a une curieuse façon de répondre à cette question avec Ma maison. Si Marianne Dubuc mêle quotidien et merveilleux, cet habitat-ci est… comment dire… étrange, bizarre, abracadabrantesque ! Cet album ressemble à un tiroir où l’on a jeté pêle-mêle toutes les choses qu’on ramasse, qu’on imagine. Bref, dans cette maison, il y a une quantité de choses à voir, à lire et à rire. Une maison bizarre, certes, mais une maison quand même car elle est composée de ce qui fait qu’on s’y reconnaît, qu’on y est bien. Une maison serait donc aussi à notre image ?

Alors, que penser des deux ours de l’album Le livre qui rend heureux ? Ici pas de mots, le texte ce sont les illustrations et tout se laisse deviner : la vie se déroule  dans cette cabane autour de quelque chose que l’on peine à saisir, que l’on sait intuitivement. Continuons donc notre exploration pour affirmer ce lien qui pointe le bout de son nez.

Quand l’amour s’en mêle….

Finalement, une maison, ça peut aussi être un lieu pour être ensemble, non ? Un lieu à aimer ou un lieu pour aimer ?

Trois albums permettent d’explorer cet aspect. Dans La maison du crocodile amoureux, on voit combien il est difficile pour la girafe et le crocodile d’avoir la maison parfaite : celle qui convient à leurs dimensions et à leurs besoins respectifs. Qu’à cela ne tienne, ils vont s’adapter et, surtout, continuer à s’aimer ! Peu importe la forme ou le type de notre lieu de vie quotidien, et ce même s’il n’y a ni mur, ni toit; ce qui importe, c’est l’amour, comme nous le dit si doucement le poèteportugais Vinicius de Mores avec La maison. Une maison se transforme donc par amour. On construirait alors une maison, comme on construit un amour ? En lisant La maison de guingois, on s’aperçoit que la vie dans une maison change avec l’amour et avec la construction d’une famille. Ici, rien n’est linéaire, sauf par moments, et le lieu qui nous abrite reflète cela : rien n’est défini, mais ce qui compte, ce sont les autres, ceux qu’on aime, ce qui fait de nous une famille. La maison c’est aussi une question de « vivre-ensemble » ?


Trouver sa place

La famille, la famille d’accord, mais au bout d’un moment on a besoin de vivre sa vie, non ? Si dans La maison de Guingois, les enfants coupent le cordon, dans Chers maman et papa, notre ami le suricate a besoin de voyager pour se rendre compte que sa fratrie lui manque, et ce même si elle est envahissante ! Il revient chez lui, oui, mais il revient avant tout auprès des siens.

Nos compagnons de Tout est si beau à Panama , eux reviennent à la maison d’origine. Comme ils pensent que tout est mieux à Panama, ils décident de s’y rendre, de déménager. Mais leurs pas les guident à leur point de départ sans qu’ils s’en rendent compte ! Entre humour, et poésie, c’est notre façon de voir qui est questionnée.

Ce qui compte, ce sont les autres, mais qu’en est-il lorsqu’on quitte ensemble son lieu de vie ?

En effet, on déménage, on ne reste plus à la même place, on voyage, on bouge, Est-ce à dire que «  être à la maison », cela peut être n’importe où ? L’album Alors on a déménagé de Jutta Bauer présente une famille et les différents lieux qu’elle habite : un violon, la lune, la neige. L’existence prend ici tout son sens, la poésie la rend éclatante, on vit, on bouge, mais on se trouve, et on prend quand même sa place à un moment.

Un réseau infini…

Et lorsqu’on est seul ? Lorsqu’on a ni toit, ni personne, comme Ahmed dans Ahmed sans abri Que devient-on ? Comment existe-t-on ?

Mais, ça, c’est l’histoire d’un autre réseau….

Retrouvez mes autres suggestions de lecture en réseau sur le site Educathèque (sur l’automne et Noël)

Hubert-Léonard, Bénédicte Froissart, Boréal, coll. « Boréal junior», 2005, 81 p.

Maisons d’ailleurs racontées aux enfants d’ici, Caroline Laffon, phtoos de Frédéric Malenfer, de la Martinière jeunesse, 2009, 76 p.

Devant ma maison…, Marianne Dubuc, La courte échelle, 2010, 120 p.

Dessine…moi une maison, Roxane Marie Galliez, ill. de Christophe Boncens, Auzou, 2011, 28 p.

Ma maison, Delphine Chedru, Le rouergue, 2001, 48 p.

Le livre qui rend heureux, Marije Tolman et Ronald Tolman, Milan jeunesse, 2010, 28 p.

La maison du crocodile amoureux, Daniel Kulot, Autrement jeunesse, 2005, 26 p.

La maison, Vinicius de Morales, ill. de Aurélia Fronty, Rue du monde, coll. « petits géants du monde», 2008, 16 p.

La maison de guingois, Marc Mongeau, 400 coups, coll. « les petits albums», 2006, 28 p.

Chers maman et papa, Émily Gravett, Kaléïdoscope, 2006, 26 p.

Tout est si beau  Panama, Janosch, trad. de Genia Català. Joie de lire, 2011, 52 p.

Alors on a déménagé, Peter Stamm. Ill. de Jutta Bauer, Joie de lire, 2002, 43 p.

Ahmed sans abri, Barroux, Mango jeunesse, 2007, 34 p.

La collection Zèbre: des rayures pour se fondre dans la lecture

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Le charmant Nicholas, conseiller littéraire pour Bayard Canada, a récemment répondu à ma soif de découvrir la collection Zèbre, présentée comme suit par l’éditeur :

Une autre façon de lire

Zèbre est une nouvelle collection qui s’adresse aux jeunes de 10 à 14 ans. Chaque roman offre une expérience inédite grâce à un contenu dynamique et une mise en page « flyée ». Le lecteur vit ainsi l’intrigue de l’intérieur en suivant pas à pas les aventures de personnages drôles et attachants.

Cette nouvelle collection est également présentée comme une « accroche lecture » pour les lecteurs rencontrant des difficultés de lecture grâce à ses histoires courtes à la narration directe et dynamique.

Zèbre se caractérise également par une mise en page aérée et un visuel dynamique. Le visuel est un élément constitutif et constructif de la narration à part entière. Illustrations, photo, mise en page, insertions typographiques, tout est pensé selon un schéma particulier : le visuel est aussi un élément de lecture. En plus de servir de rebond, de pauses dans la lecture, il la poursuit et même, la complète. Des éléments visuels non gratuits, et J’apprécie particulièrement le souci du détail qui va jusqu’à lier la pagination au thème abordé dans le roman. Ainsi, dans Le mystère des jumelles Barnes , il est question de geocatching : la pagination est associée à des coordonnées géographiques. Pour l’Après-Monde, c’est un folioscope, et pour Hackerboy, des noms d’utilisateurs en ligne.

Chaque roman se caractérise par une narration courte et directe, comme je l’ai signifié précédemment. N’allez pas croire que brièveté et écriture facile et peu travaillée vont de pair! Bien au contraire, réussir à mettre en place action, protagonistes, lieux, atmosphère et capter tout de suite l’attention du lecteur tout en étant direct et bref demande de l’habileté. Aucun de ses romans n’est une redite de style : chaque auteur-e apporte sa patte/sa voix littéraire tout en respectant la nomenclature propre aux romans Zèbre. Cela donne trois romans qui se lisent- ou plutôt se dévorent- tant l’histoire est accrocheuse grâce à une narration maîtrisée. À noter, Bayard propose pour chacun une bande-annonce et des entrevues.

Le mystère des jumelles Barnes, de Carole Tremblay, invite le lecteur dans une atmosphère angoissante où aventure et peur se mélangent avec subtilité. On suit Victor dans sa découverte du géocatching qui va lui faire vivre une aventure où une sombre légende du XIXe siècle va apporter du piquant dont il se serait bien passé… le géocatching va fusionner une vieille histoire de meurtre, une malédiction et la vie de sa sœur… Alors oui, on angoisse, mais on tourne les pages quand même ! Carole Tremblay arrive à camper une histoire intrigante en peu de temps avec un cadre et des personnages bien marqués. La progression de Victor dans une atmosphère nébuleuse et effrayante est créatrice d’images, de sueurs froides, et le coeur bat un peu plus vite qu’à l’accoutumée… Une histoire courte et rondement menée pour une lecture qui se terminera le souffle un peut court.

Au fait, le cimetière dont il est question dans le roman offre vraiment une cache de géocaching….

L’après-monde de Camille Bouchard propose une histoire de science-fiction avec des airs de fin du monde. Nathan et ses amis s’évanouissent après une expérience chimique qui a mal tourné, mais juste avant de s’effondrer ils aperçoivent une lueur étrange dans le ciel. À leur réveil, ils notent un silence effroyable et les habitants ont tous disparu. Ils se retrouvent seuls dans une ville où résonne d’étranges hurlements. Des hurlements à vous glacer le sang. Le cadre apocalyptique est bien dressé : trois jeunes se retrouvent dans une situation critique qu’ils doivent appréhender rapidement pour survivre. Ce cadre est accrocheur par ses images et par une narration où pointe l’urgence, l’horreur, mais aussi l’incompréhension première de la situation. D’un point de vue narratif c’est le cadre spatio-temporel – bref l’aspect apocalyptique -et l’action qui priment, et le lecteur découvre la ville et ses dangers en même temps que les protagonistes. Cette narration dynamique participe à l’appropriation de la lecture par le lecteur. Cependant, cette appropriation devient parfois quelque peu bancale car le ton est parfois inégal. C’est en fait le ton des personnages qui fait sourciller. On oscille entre l’enfant et l’ado par endroits, ce qui coupe la fluidité des dialogues et gruge l’intensité et l’expression de la situation dramatique. Cet aspect n’empêche pas la lecture de rester pleinement dynamique et de créer une atmosphère dont on ressent pleinement la destruction totale. C’est un premier tome qui réussit tout de même à installer les prémisses d’une histoire bien accrocheuse et on se demande ce que la suite nous réserve.

Hackerboy ! Hackerboy ! Hackerboy ! Et oui, j’ai fait du titre du roman de Julie Champagne un cri de ralliement. Alex est H@ckerb0y, un traqueur d’escrocs sur le net. Alors qu’il s’apprête à pirater le serveur d’une compagnie, il tombe sur un courriel qui va le mettre dans le trouble. Hackerboy va être traqué par des cybercriminels oeuvrant pour une dangereuse organisation. Comme pour les deux autres romans, la narration est vive, directe, créatrice d’images et propose une action menée tambour battant. À cela s’ajoute un humour dévastateur. Un humour bien ciselé dont le héros, Alex, fait sa marque de commerce. On tombe sous le charme de cet adolescent passé maître dans la dérision et l’autodérision. Humour encore avec des personnages secondaires savoureux. Humour toujours avec des comiques de situations, des réparties et pensées fines drôles qui ponctuent les situations dramatiques. Cet aspect m’a d’ailleurs fait penser aux réparties de films d’action, celles que prononce un héros plus qu’improbable qui nous propose une histoire elle-même plus qu’improbable et pourtant diablement accrocheuse. Hackerboy, c’est un peu ça : un héros improbable, une histoire au dénouement improbable… mais terriblement réjouissante ! C’est le propre de la fiction, non ?

Sophie a réalisé des billets très complets sur la collection Zèbre et sur chacun des romans. Allie a beaucoup aimé Le mystère des jumelles Barnes, et Susane Duchesne de la librairie Monet en parle aussi.

Le mystère des jumelles Barnes, Carole Tremblay, Bayard Canada, coll. «Zèbre», 2011, 135 p.

L’après-monde, Camille Bouchard, Bayard Canada, coll. «Zèbre», 2011, 151 p.

Hackerboy, Julie Champagne, Bayard Canada, coll. «Zèbre», 2011, 123 p.

Entre les rires, les silences et la poésie, il y a des romans d’amour

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Tiens, une petite avant-première sur une thématique que je suis en train de travailler pour Educathèque: l’amour. Le pissenlit parle de l’amour en janvier, et en février il sera à contre-courant à l’occasion de la Saint-valentin…

Un premier amour, ça fait souvent sourire les adultes et rires les enfants. Mais un premier amour, surtout un amour d’enfant, c’est toujours important. Dominic découvre qu’il a changé, et pas qu’un peu. Mais que se passe-t-il ? Il se pose beaucoup de questions. Par exemple, quelle est la différence entre une amie et une petite amie ?Grande question, grande angoisse surtout, car comment dire les choses lorsqu’on est amoureux, comment embrasser vraiment (après s’être entraîné sur un miroir) ?  Les maladresses des Dominic sont autant de sourires que d’émotions. Avec l’humour qui le caractérise et une grande délicatesse, Alain M.Bergeron parle de l’amour avec des mots chantants, touchants et hilarants. Car les amours d’enfance sont de vrais amours aussi.

Je t’écris, j’écris est un roman en deux parties : la première est épistolaire et la seconde un journal intime. C’est l’été et les vacances. Pendant presque un mois, une petite fille va écrire tous les jours, ou presque, à son amoureux. Mais lui n’écrit pas. Déception et chagrin d’amour. La fillette décide de ne plus écrire.Dans la seconde partie, le lecteur entre dans le journal intime de la petite fille qui parle de sa déception et de sa colère, mais aussi de ses vacances et des petits riens qui la parsèment. Des petits riens faits de sourire, de découvertes : la chatte des voisins, les sorties avec les voisins et un jeune garçon. Le ton est très doux, et avec des tournures propres à l’enfance, il évoque la puissance des sentiments, l’incertitude, la vie et la mort, et l’enfance que l’on quitte. À la fin des vacances, lors d’un appel à son amour déçu, cette petite fille découvrira que ne pas écrire l’amour ne signifie pas la fin de l’amour, l’amour peut être présent dans la tête des milliers de fois. Un roman fait de silences et d’amour. Beaucoup d’amour. Et de vie.

La passion de Gaspard, c’est les haïkus, des poèmes japonais. Inhabituel, dérangeant un peu pour les autres enfants du centre aéré où il va. Ces haïkus sont le seul souffle qui anime Gaspard depuis la mort de son petit frère. Peu à peu, sa passion va s’infiltrer auprès des autres enfants, et Gaspard va leur devenir indispensable, ou plutôt c’est la poésie qui va l’être. Ici, la poésie ose dire, elle se déclame pour dire le chagrin, la vie, la mort, et l’amour. Lorsque l’amour arrive, la vie reprend le dessus doucement. La vie est un haïku, et l’amour aussi.

Ma petite amie, Alain M. Bergeron, ill. de Sampar, Soulières, coll. «Ma petite vache a mal aux pattes», 2010, 64 p.

Je t’écris, j’écris, Geva Caban, illustré par Zina Modiano, Gallimard jeunesse, coll.«Folio cadet», 2007, 84 p.

Ma vie en dix-sept pieds, Dominique Mainard, Ecole des loisir, coll. «Neuf», 2008, 117 p.

Lila découvre que les livres ne s’impatientent jamais….

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«Et un jour qu’elle avait coincé dans un couloir Maître Lemire, l’astronome, apothicaire et magicien du château, il lui avait expliqué ce qu’il faisait avec les curieux objets en forme de boîtes plus ou moins plate qu’il promenait si souvent avec lui: il y avait là-dedans des paroles silencieuses qu’on disait avec les yeux, il lisait, c’était des livres, et il avait montré à Lila les lignes de mots faits avec des lettres, et il n’avait réussi à s’échapper qu’après avoir récité trois fois l’alphabet à Lila.

C’était extraordinaire qu’il puisse y avoir dans les livres des gens qui parlaient sans qu’on ait besoin e les entendre, qu’on pouvait emmener partout avec soi – et qui acceptaient de redire tout le temps la même chose sans jamais s’impatienter, en plus!» p.13

Les Contes de la Chatte Rouge, Elisabeth Vonarburg, Éditions Trampoline, 2010, 190 p.

Les questions et réponses de Lila

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«Elle posait des questions, n’importe quand, à n’importe qui, et, dans le vieux château, tout le monde prit l’habitude d’essayer de se sauver quand ils la voyaient arriver. Mais ça ne faisait rien: même quand elle était toute seule, Lila se posait des questions à elle-même, et elle trouvait des réponses! Pourquoi le ciel n’est pas toujours bleu? Parce que des fois, il faut bien le laver. pourquoi les gens ne poussent pas dans le sol, comme les plantes? Parce que ce ne serait pas pratique pour aller se promener – et puis, on passerait tout l’hiver sans feuille, ou sous terre, ce ne serait pas amusant (Lila aimait beaucoup l’hiver). Pourquoi la lune n’est pas toujours ronde dans le ciel? Cette question avait demandé beaucoup de réflexion à Lila, mais elle avait fini par trouver : parce que la lune est un oeil, l’oeil d’une personne invisible qui est tellement grande qu’elle ne vit pas à la même vitesse que tout le monde : elle vit très, très lentement. Et quand elle cligne de l’oeil, ça lui prend tout un mois.» p.11-12

Les Contes de la Chatte Rouge, Elisabeth Vonarburg, Editions Trampoline, rééd. 2010, 190 p.

Les romans à offrir au Père Noël *2

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Après les albums, j’offre au Père Noël des romans, et attention, pas n’importe lesquels.

Il s’agit de deux livres qui font du bien. Mais qu’est-ce donc un livre qui fait du bien Le Pissenlit? Il existe plusieurs types de livres qui font du bien, oh jeune pousse avide de mes suggestions. Voici les ingrédients « qui font du bien » de ses deux livres:

1. Un livre avec des personnages attachants

2. Des personnages atypiques.

3.Des personnages impertinents.

5.Un humour dévastateur.

6. Un sens de la narration dynamique (en lien avec le sens de l’humour)

7. Un regard fin sur l’adolescence et la famille.

8. De sacrés personnages.

Oui, le 1 et 8 se ressemblent. C’est comme ça.

Après ce bref aperçu numéricolittéraire, il est temps de parler un peu plus avant des livres à offrir  au Père Noël Dear Georges Clooney, tu veux pas épouser ma mère? et Word nerd de Susin Nielsen.

Dans le premier, Violette, 13 ans, est profondément découragé par les amours de sa mère. Le dernier prétendant en date est, selon elle, une catastrophe: bedonnant, jeu de mots plats, un goût vestimentaire incertain. Ce qu’il faut à sa mère c’est Georges Clloney, elle va donc lui écrire. Entretemps, elle empoisonne (presque) ses demi-soeurs, se remémore la « loositude » des ex de sa mère (non, je ne viens pas d’inventer un mot…), file le nouveau prétendant, et tombe amoureuse En plus de personnages à la caractérisation jubilatoire, les déboires de Juliette et de sa mère le sont tout autant. Talentueuse pour créer des personnages, Susin Nielsen l’est aussi pour créer une trame, une atmosphère et des situations enlevantes et hilarantes. On sourit devant cette adolescente qui se veut cynique mais qui en fait est un petit coeur tendre très inventif.Bref, un livre qui vous donne un sourire en banane.

Word nerd est du même acabit. Ambrose est passionné de scrabble, a un goût vestimentaire étrange, n’a pas d’amis, a un sens de la répartie inadéquat, et n’a aucun filtre quand il parle, bref le nerd de service. Lorsque sa mère, ultra ultra protectrice, décide, après un incident, qu’il suivra le programme scolaire à la maison, sa vie change. Car il va enfin se faire un ami, certes un peu particulier et désapprouvé par sa mère, mais un ami tout de même. Grâce à celui-ci, Ambrose va grandir hors du giron maternel, il va s’épanouir et se sentir un peu comme les autres. Surtout, il ne sera plus seul. Ici aussi Susin Nielsen présente des personnages atypiques, particuliers et les situations sont rocambolesques. Ambrose va ainsi croiser des joueurs de scrabble, des peanuts, un pantalon violet, un bonnet, un repris de justice… Alléchant, non?

Alors, pour résumer, les livres qui font du bien reprennent les point 1,2,3,4,5,6,7,8 vus précédemment 😉

J’offre aussi au Père Noël des titres dont j’ai déjà parlé, car offrir un livre c’est aussi, parfois, offrir les livres qui font encore écho en soi.

Ainsi, dans ma hotte de romans on trouve: Le Yark!

«Parmi tous les types de Monstres qui grouillent sur la terre, l’homme est l’espère la plus répandue.

Il en est une autre, cependant, plus rare et moins connue.

C’est le Yark

Amateur de livres “gentils”, amateurs de livres avec de “bééééllles valeurs” ce livre n’est pas pour vous. Ou alors, si un petit peu, histoire de s’effrayer un peu et de rire noir et jaune, sans se cacher. Le Yark de Bertrand Santini c’est de l’humour noir, des frayeurs, le tout à une puissance nucléaire incroyable. Le Yark c’est du” yark, c’est génial” ou encore un”yark, il a pas écrit ça quand même” et de rire bêtement tout en le”pensant-lisant-partageant à voix haute”. Pourquoi? Parce que la plume est incisive, réjouissante et a une gouaille qui oscille entre prose, conte et …. allez j’ose la comparaison… brèves de comptoir philosphico-sociales.

Mais qui est le Yark? C’est un monstre, qui a l’air bien sympathique, un gros nounours, mais c’est bien connu, l’habit ne fait pas le moine! Sa nourriture ce sont les enfants sages, les mauvais lui donnant des troubles digestifs. Il ne s’embarrasse pas de faux sentiments et quand il doit manger, il mange. Après tout, c’est une question de survie. Mais -oui, il y a un “mais”- le Yark va changer. Comme quoi, la férocité, l’humour noir et grinçant n’empêche pas “les bééélles valeurs”…En plus, le Yark, aussi terrible qu’il puisse être, est… terriblement attachant. On préfère toujours les anti-héros aux héros.

«De nos jours les chenapans pullulent sur terre comme des pustules au menton des sorcières. Les cours d’école grouillent d’un petit peuple bête et méchant, portrait caché de leurs parents.» p.15

En plus, ce livre est beau. Oui, beau. Des illustrations à la couverture, Le Yark est un bel objet. On s’attarde sur les illustrations minutieuses de Laurent Gapaillard, à la monochromie épique. Oui, vous avez bien lu, épique. L’univers du

Yark est représenté dans toute sa folie, dans toute sa férocité, mais aussi dans une douceur retenue. Chaque illustration est un tableau où font écho la force et la saveur du texte de Bertrand Santini.

Alors, oui, c’est un livre pour enfants, oui, oui, triplement oui! Car la littérature jeunesse,cela peut aussi être du sarcasme, de l’humour noir, être un peu cruel et être réjouissant en même temps. Vive le Yark!

Autre livre, autre univers:

La boulangerie de la rue des dimanches c’est comme un croissant au beurre bien doré, il nous fait saliver juste à le regarder et à lire la première page. Ensuite, on croque dedans et on plonge dans un véritable délice. Une fois terminé, il nous laisse rêveur comme lorsqu’on vient de finir un macaron: c’est une lecture nuage.

Lorsque Louis Talboni et Adèle Pelviaire se rencontre, c’est le coup de foudre. Celui qui dure toute une vie, celui qui va leur faire tout oublier…. même d’apprendre un métier. Ils vont donc vivre d’amour, d’eau fraîche et de musique. Leur vie c’est la musique, celle de Vivaldi et ses Quatre saisons. Leur pauvreté n’empêchera pas leur fils Jack d’avoir une enfance heureuse, «tous les jours, avec Papa et Maman, c’était dimanche, tant il est vrai qu’Amour et Musique savent reboucher bien des trous et panser bien des plaies». L’amour donc, un amour fort et intense, même dans la mort: Adèle et Louis meurent en même temps, ensemble. Jack se retrouve donc à l’Orphelinat où il va apprendre le métier de boulanger. Sa spécialité? les baguettes pas trop cuites et les éclairs au chocolat. C’est tout. Et c’est bien assez. En rachetant pour une bouchée de pain (oui, facile, mais je devais absolument la placer) une boulangerie, c’est tout une rue, tout un quartier qui vont s’en trouver transformés.

Dès la couverture, on devine une lecture spéciale. Son esthétisme via les couleurs et l’illustration donnent le ton: l’ambiance sera douce, le temps n’existera pas. Place à l’intemporalité. Le petit médaillon à l’intérieur duquel on peut voir une rue animée, des sourires, la boulangerie Talboni, etc, est comme une photo. Un arrêt sur image. Le lecteur pose son oeil sur la caméra et voit un instant figé. Cela fait aussi penser à ces vieux films en noir et blanc, quand le film se termine sur un médaillon centré sur l’écran noir et qui donne à voir le mot, ou plutôt l’image de la fin. À cela s’ajoute la typographie utilisée pour le mot “Fin”, elle aussi fait penser à ces vieux flms.

Cette empreinte intemporelle n’est pas seulement visuelle. On la retrouve aussi tout au long du récit. Il n’y a en effet pas d’indications précises de temps. L’histoire peut très bien se passer avant, maintenant, plus tard. Et ceci, cette intemporalité, place le cadre. Un cadre dans lequel évolue un personnage atypique, différent. C’est aussi là que réside le charme de ce roman illustré: Jack étonne, Jack ne ressemble pas aux autres héros. Et son histoire, ah son histoire elle est tout simplement merveilleuse ! Merveilleuse car à la fois légère, triste, tendre, loufoque. Bref, tout un mélange, mais un mélange savamment dosé. Et la narration, ah! c’est un véritable moment de bonheur, on relit encore et encore certaines phrases tant elles charment ou font rire. Plus qu’un sens de la formule, Alexis Galmot a le sens des mots: il sait raconter une histoire.

Les illustrations de Till Charlier sont aussi des moments à savourer, à la fois douces, mélancoliques, drôles, elles sont l’expression visuelle de ce nuage qu’est La boulangerie de la rue des dimanches. Elles me font penser à Bruno Gibert, avec leur traits un eu hachurés, et le côté parfois loufoque qui s’en dégagent,

«Un samedi après-midi, dans un couloir du Conservatoire, Louis demanda à Adèle si elle voulait bien aller s’asseoir à côté de lui sur le banc, dehors. Adèle refusa une fois par décence, une fois par timidité, une fois par pudeur, une fois par erreur, et la cinquième fois, elle accepta.»

Un dernier livre pour la route de la hotte:

Entrer dans Le livre des choses perdues, c’est entrer dans une histoire dont le tapis de mots se déroule sous vos yeux avec une fluidité et une acuité telles que lire devient une urgence.

Voici un roman tout simplement parfait.
La trame de l’histoire n’est pas nouvelle. Et pourtant.
Le jeune David, 12 ans, perd sa mère et lorsque son père se remarie, les histoires, les livres, deviennent plus que jamais son refuge et son unique réconfort. Lorsqu’il bascule dans un monde inconnu et se retrouve aux prises d’un homme étrange et inquiétant, l’Homme Biscornu, sa vie ne s’en trouve pas changée, non, car les épreuves l’amènent à voir les choses différemment et à grandir, plus vite.

Oui, l’histoire n’est pas nouvelle. Mais, ici, John Connolly transcende la trame traditionnelle du « jeune héros perdu qui trouve dans les histoires, et les épreuves, la force de vivre ». Il a en effet une façon bien à lui d’amener les personnages, leur histoire personnelle, leur tragédie. Il ne laisse pas le lecteur entrer de plein fouet dans l’univers fantastique: le chemin emprunté pour s’y rendre est important, il fait partie de l’histoire, il est aussi l’histoire. De plus, il cadre le récit dans une Angleterre en guerre, faisant face aux assauts des nazis ; il s’agit donc d’un cadre inhabituel et qui apporte une saveur particulière à l’histoire.
Connolly a créé un univers fantastique inquiétant, sombre et tragique où l’on croise des personnages de contes bien connus mais qu’il a remanié à sa façon. Blanche-Neige, le petit chaperon rouge, Hansel et Gretel, etc, sont des plus glauques et pourtant des plus fascinants.
Il amène ainsi une atmosphère sans pareil, où rien n’est simple, et où les épreuves sont affichées comme telles : des épreuves exemptes de facilité où la mort et la souffrance s’affichent sans fard.
Le jeune David crée sa propre histoire, il va ainsi grandir, survivre et vivre. À plusieurs reprises, ses lectures vont l’aider à surpasser les ennuis et les épreuves rencontrées dans ce monde fantastique, et ce plus qu’elles ne l’ont aidé à faire face au deuil de sa mère.
Il comprend ainsi ce que disait sa mère à propos des histoires, « Il se rappelait tout ce qu’elle lui avait raconté sur les histoires et les légendes, et le pouvoir qu’elles exercent sur nous, et le pouvoir que nous exerçons sur elle ». Les histoires transfigurent et transforment, mais ce qui importe vraiment c’est l’action du lecteur, ce qu’il se décide à faire de lui.

Son expérience au sein de ce monde étrange va l’aider à accepter la vie avec son lot de bonheurs, de peurs, et de douleurs. Le message, souvent récurrent en littérature jeunesse, « les histoires guérissent » ne s’affichent pas comme tel. Les histoires ne sont pas des ersatz de vie, ne sont pas des remèdes : elles ne cherchent pas à guérir, encore moins à nier, ou à amoindrir la souffrance. Il n’est pas question ici d’exaltation de celle-ci, mais plutôt de l’afficher, l’accepter pour appréhender la réalité et ne pas vivre uniquement dans un monde d’images et d’idées. Connolly va ainsi nous présenter plus tard dans le roman un David vieillissant, pour qui les histoires restent importantes, mais qui accepte la réalité, dure et belle à la fois, car c’est elle qui est véritablement à vivre.
John Connolly offre une histoire surprenante et envoûtante. La narration est enlevée, intelligente et donne à lire un univers à part entière qui, malgré l’aspect « déjà-vu » de la trame, sonne comme une nouveauté aux oreilles du lecteur.
Voici une histoire où j’ai plongé avec délices, avec frissons et de laquelle j’ai émergé avec regret, car il est difficile de quitter une  telle voix.
Un roman, une voix, où le pouvoir des histoires s’affirme mais aussi le pouvoir du lecteur sur elles et sur sa vie.

Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère ?, Susin Nielsen, Trad. de Valérie Le Plouhinec, Hélium 2011, 208 pages

Word Nerd, Susin Nielsen, Tundra Books 2010, 264 p.

Le Yark, Bertrand Santini, illustré par Laurent Gapaillard, Grasset-Jeunesse, 2011, 76 p.

La boulangerie de la rue des dimanches, Alexis Galmot, Till Charlier, Grasset-Jeunesse, 2011, 75 p.

Le livre des choses perdues, John Connolly, trad. Pierre Brévigon, éd. l’ Archipel, 2009, 347 p.

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