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Archives de Tag: Bayard Canada

L’oeil de la corneille, Shane Peacock. Sherlcok Holmes, pour toujours.

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Entre mystère et fascination, Sherlock Holmes est une empreinte de l’enfance. Je me souviens des romans de Conan Doyle sans pouvoir, étrangement, me souvenir de l’un d’eux en particulier, car ce qu’il me reste de lui oscille entre fugacité et rêverie. Le souvenir, un sentiment si étrange, parfois. Je classe Sherlock dans les souvenirs remplis d’affection. Et même si, lors de la lecture, je sentais que certaines choses m’échappaient ou que je ne comprenais pas tous les mots, peu m’importait, car j’aimais mon détective. Je l’aimais, oui.

oeil-de-la-corneilleAlors, lorsque je me suis plongée dans L’œil de la corneille, je l’ai fait avec crainte et une légère réticence, car je craignais de perdre les traces laissées par mes souvenirs, de les voir saccagés. Il est terrible de perdre les saveurs laissées par les lectures d’enfance, c’est comme si une part de nous s’altérait, se déchirait et se perdait, définitivement.

Mais, quelle surprise ! Quel bonheur de retrouver mon Sherlock… et de le découvrir aussi.

Merci Shane Peacock. Merci de faire revivre avec délicatesse et intelligence un des héros les plus marquants de mon enfance, et de la vôtre aussi, car on sent à la lecture que vous aimez Sherlock, que vous le respectez.

Peacock nous emmène dans un Londres où, entre l’aristocratie et les quartiers mal famés, notre jeune Sherlock Holmes mène sa première enquête avec brio. L’atmosphère de l’époque est admirablement bien rendue. Peacock a un sens du détail qui apporte au roman une saveur toute particulière, il est de ces auteurs qui permettent de s’approprier les lieux et de les visiter véritablement. C’est donc avec plaisir, et non sans quelques frissons, que l’on s’immerge dans ce Londres du dix-neuvième siècle. On se surprend même à entendre résonner ses propres pas sur les pavés londoniens.

Peacock nous embarque dans les méandres d’une enquête sinueuse et dangereuse, il nous plonge dans les bas-fonds d’une ville et nous perd dans les tréfonds de l’humain. Notre jeune Sherlock va devoir enquêter sur un coupable pour pouvoir se disculper. Dés le début, son intelligence, son impétuosité et son sens de la justice sont là, présents, sa solitude aussi. L’art et la virtuosité de Sherlock Holmes naissent sous les yeux du lecteur, et c’est avec avidité que l’on suit notre détective, avec angoisse aussi. On sent imperceptiblement que derrière cette naissance se cache une faille, une brisure irréparable. Sherlock Holmes recolle les morceaux, alors que lui-même semble être un éclat de verre brisé, fêlé. De là aussi naîtra sa superbe.

Au détour de sombres ruelles, il ne résoudra pas seulement un crime, il se trouvera, se créera lui-même, Sherlock Holmes détective, mais à quel prix…

Une genèse est dessinée, un personnage hors du commun renaît. Encore une fois je me retrouve nourrie par une lecture, je laisse le souvenir prendre sa place, je laisse Sherlock Holmes, héros et fascination de mon enfance, devenir une nouvelle empreinte, je le laisse vivre à nouveau. Peut-être deviendra-t-elle fugace, peu importe, car il est là, quelque part.

La jeunesse de Sherlok Holme. L’oeil de la corneille, Shane Peacock, Bayard Canada, traduction de Pierre Corbeil, 2008

Nouveau: je suis affiliée avec Rue des libraires. Qu’est-ce que cette affiliation? Et bien, si vous achetez un des livres proposés sur Sous un pissenlit via Ruedeslibraires.com, vous encouragez un libraire indépendant et je reçois un pourcentage sur les ventes générées par les liens affichés sur ce blogue. J’ai décidé de reverser ce pourcentage a une association dédiée à la promotion de la lecture et de la littérature jeunesse, soit La Fondation pour l’alphabétisation ou la Campagne pour la lecture. J’aimerais leur verser alternativement l’argent. Cela risque de prendre du temps car je ne publie pas frénétiquement et je ne m’attends pas non plus à générer des « milliards de dollars », mais cela me tient à coeur.

Pour acheter L’oeil de la corneille, c’est par ici

Cette critique a été publiée une première fois sur le site de la Librairie Monet (la meilleure librairie jeunesse de Montréal! ;-))

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Carole Tremblay sous le pissenlit

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Le 2 décembre dernier, le pissenlit ajoutait un pistil à sa corolle avec la catégorie EntreVue destinée à donner la parole à ceux qui créent, font vivre et partagent la littérature jeunesse. Après Marie Barguidjian, Carole Tremblay a soufflé à son tour sur le pissenlit.

« Il y a de tout en littérature jeunesse, et il faut de tout, parce qu’il y a toutes sortes de petites personnes »

Carole Tremblay, directrice de collection

Pourriez-vous vous présenter ainsi que votre travail au sein de la maison d’édition Bayard Canada ?

Je me définis d’abord comme auteure jeunesse. J’ai publié plus d’une cinquantaine d’ouvrages pour enfants, petits et grands, au cours des vingt dernières années, le tout chez une demi-douzaine d’éditeurs. Mais comme pratiquement tous les auteurs, je dois aussi travailler pour mettre du pain sous mon beurre. Depuis deux ans, je dirige les collections Sam Chicotte et Zèbre chez Bayard Canada. Je m’occupe aussi de la collection À pas de loup et des albums de Toupie et Binou, chez Dominique et compagnie.

Quelle est votre définition de la littérature jeunesse?

J’aime mieux vous prévenir, je ne vais pas réinventer la roue avec ma définition de la littérature jeunesse. Pour moi, comme pour beaucoup d’autres, c’est toute littérature écrite et publiée à l’intention des lecteurs et lectrices de 0 à 18 ans. Cet ensemble de publications pour petits, moyens et grands enfants, comprend des ouvrages de différents genres littéraires, de qualités diverses, présentés sous des formes et dans des formats variés. Après, c’est à chacun des auteurs, illustrateurs et éditeurs de définir son style et sa façon de s’adresser à ce public. Il y a de tout en littérature jeunesse, et il faut de tout, parce qu’il y a toutes sortes de petites personnes. On a parfois tendance à l’oublier, mais les jeunes ne forment pas un groupe plus homogène que celui des adultes. Dans le lot, il y a des poètes, des aventuriers, des romantiques et des esprits mathématiques. Il y a aussi du « grand public ». Et il faut des livres qui intéressent tout ce beau monde.

Comment est née l’idée de cette collection ? Qui en est l’initiateur ?

Je l’avoue sans qu’on me torture : ce n’est pas moi qui ai eu l’idée de la collection Zèbre. Comme beaucoup d’autres idées, elle est née d’une proposition lancée un peu au hasard, qui s’est transformée au fil des conversations, s’est affinée au cours d’échanges informels et a fini par prendre une forme plus concrète au bout d’un long processus de maturation. Si bien qu’à la fin, on ne sait plus trop qui à qui en attribuer la paternité. (Ou la maternité) Une chose est sûre, il y a un peu de Paule Brière et d’Andrée-Anne Gratton là-dessous.

Vous êtes la directrice de la collection, mais aussi l’auteure d’un des romans : Le mystère des jumelles Barnes. Comment avez-vous concilié les deux ?

Comme la collection démarrait, nous n’avions pas beaucoup de manuscrits à nous mettre sous la dent. J’ai donc décidé d’en écrire un moi-même. Une fois mon forfait accompli, je l’ai soumis au comité de lecture jeunesse de manière anonyme, comme on fait souvent quand on fait circuler les manuscrits. J’ai récolté les commentaires de mes collègues, les bons comme les mauvais, et j’ai retravaillé mon texte. J’ai aussi lu le manuscrit aux cousins et cousines qui ont servi de modèle pour les personnages du roman, un jour qu’ils étaient tous réunis pour leur fameuse semaine de vacances annuelle. Ils m’ont, eux aussi, aidé à faire des choix afin de peaufiner l’histoire. D’une certaine manière, on peut dire que les personnages ont contribué concrètement à la création du roman. Ce n’est qu’une fois que Le mystère des jumelles Barnes a été officiellement mis au programme de l’automne 2011 que j’ai avoué à mes collègues que j’en étais l’auteure.

La collection semble remporter un franc succès. Quels échos avez-vous eus de la part des jeunes lecteurs ? Et des médiateurs du livre ? 

Je fais surtout des rencontres scolaires avec des classes de premier cycle, alors je n’ai pas eu beaucoup l’occasion de recueillir directement les commentaires des lecteurs de la collection Zèbre. Mais tous les jeunes qui m’en ont parlé étaient très enthousiastes. C’est aussi le cas des enseignants et des bibliothécaires. Jeunes et adultes apprécient les histoires dans lesquelles priment l’action et l’humour. Le fait que les textes soient courts est très stimulant pour les lecteurs moins « motivés ». Ça leur permet de lire un livre d’une couverture à l’autre sans se décourager. On souligne aussi le dynamisme de la présentation graphique et le fait que, malgré les illustrations abondantes, les livres ne fassent pas du tout « bébé ».

Comment voyez-vous la collection à long terme ? Avez-vous des idées ? La collection va–t–elle jouer encore plus avec le rapport texte/image ?

Je n’ai pas encore de vision à long terme de la collection (je suis très myope). Je commence à peine à voir les livres dans le présent. J’imagine que la collection se développera en fonction de ce que les auteurs nous proposeront. C’est difficile de prévoir vers quoi ira leur créativité. Chaque manuscrit est envisagé comme un projet en soi. Et puis, pour rester terre-à-terre en cette époque pas si évidente dans le marché de la littérature jeunesse, avant de penser à long terme, il faut voir si l’enthousiasme initial pour la collection se maintiendra, si les auteurs auront envie de se prêter au jeu et de créer de nouvelles formes et si nous aurons les moyens de pousser encore plus loin le rapport du texte et de l’illustration. On ne peut pas se le cacher, c’est plus de travail (et il en coûte plus cher) de faire des livres illustrés, avec des trouvailles visuelles différentes pour chaque titre, que de se contenter de mettre les manuscrits en page selon une grille graphique pré-établie.

La collection propose une lecture où textes et graphismes se complètent, apportent une autre texture, une autre ambiance au livre. Est-ce que ce concept a été déterminant lorsque vous avez décidé de proposer vos services pour diriger Zèbre? Si oui, pourquoi ?

Oui, tout à fait. Pas que je crois que le texte seul ne suffise pas à faire de la bonne littérature. Au contraire. Mais je me disais que tant qu’à démarrer une nouvelle collection de romans, il valait mieux trouver un concept neuf, qui permettent aux ouvrages de se démarquer dans la multitude de livres qui sont déjà offerts en librairie. Moi qui ai fait beaucoup d’albums illustrés, je trouvais intéressant de travailler le roman de manière visuelle et dynamique. Et comme la collection vise, entre autres, les jeunes qui ont des compétences ou un intérêt plus faibles pour la lecture, l’approche graphique me paraissait un excellent moyen des les attirer.

Certains considèrent que les romans illustrés, les bandes dessinées, les mangas, les albums ne sont pas de vrais livres. Que leur répondriez-vous ?

Tout ouvrage qui nous ouvre les portes d’un monde imaginaire riche, qui nous transporte, nous émeut ou nous fait rire, est pour moi un vrai livre. Toute lecture qui nous soulage, même momentanément, de nos angoisses, nos douleurs et nos doutes, vaut la peine d’être faite, même s’il s’agit du bottin de téléphone ou de l’envers d’une boîte de céréales. Sans compter que des experts ont démontré que la lecture de BD, avec le décodage simultané du texte et de l’image relevait d’un processus aussi complexe sur le plan cognitif que la lecture d’un texte linéaire.

Si vous croisiez les jumelles Barnes, que leur diriez-vous ou que feriez-vous ?

Je les ai croisées et je les croise encore régulièrement au cimetière Barnes de Frelighsburg où Laura Lucina est enterrée. J’évite cependant de leur parler afin de ne pas troubler leur sommeil. Je ne voudrais pas qu’elles se mettent en tête de me hanter pour les avoir dépeintes comme des tueuses sanguinaires dans mon roman.

Carole Tremblay, auteure

Votre premier roman, La douce revanche de madame Thibodeau, a été publié chez Gallimard. Comment s’est passé l’écriture et la publication de votre premier roman ? 

J’ai commencé l’écriture de La douce revanche de madame Thibodeau à l’époque où je travaillais dans les bibliothèques de la ville de Montréal. Je venais d’avoir mon premier ordinateur et j’ai décidé de commencer à écrire une histoire pour le simple plaisir de jouer avec mon nouveau jouet. J’ai eu beaucoup de temps libres durant les vacances d’été, alors j’ai continué ce texte pour m’amuser. Et puis, un jour, je l’ai terminé, alors, je me suis dit pourquoi ne pas tenter de le faire publier. J’ai envoyé le manuscrit à différentes maisons d’édition québécoises qui l’ont toutes refusé. Notamment, parce qu’il s’adressait à un public plus âgé que ce que les romans jeunesse de l’époque visaient. (Les Romans + de la courte échelle ne dépassaient guère les 12 ans). Puisque je travaillais en librairie et en bibliothèque depuis quelques années, je connaissais assez bien les collections jeunesse. Je savais que Gallimard avait une collection, Page blanche, qui s’adressait aux « jeunes adultes », ce qui correspondait davantage au lectorat visé par mon manuscrit. Je ne perdais pas grand-chose à essayer, alors je leur ai fait parvenir. C’est une amie qui est allé porter le texte à la maison d’édition à Paris. Quelques mois plus tard, un coup de téléphone me réveillait à 6h du matin et un inconnu à l’accent français m’annonçait, tout heureux, (mais pas autant que moi !) que mon premier roman allait paraître chez Gallimard.

Dans votre œuvre, vos personnages sont rocambolesques, les situations qu’ils vivent le sont également et l’humour est très présent. Alors, voici la question métaphorique du jour… L’humour est-il pour vous un levier, un écrin, ou un moteur ( de Porsche ou de Hummer)

C’est pratiquement une nécessité. C’est inscrit dans mon ADN, je crois. J’ai beaucoup de difficultés à m’en empêcher, même si j’aime aussi le suspense et l’action (je ne suis pas très contemplative dans la vie…). Mais même si la plupart de mes livres sont drôles, l’humour pour moi n’est pas une fin. C’est un moyen. Un moyen, entre autres, de raconter une histoire sans ennuyer.

Lorsque vous écrivez, travaillez-vous dans endroit particulier ?

En général, j’écris tout banalement à mon bureau chez moi. Il m’arrive aussi d’écrire à la campagne. C’est le cas du Mystère des jumelles Barnes qui a entièrement été écrit à mon chalet, à quelques kilomètres du cimetière qui donne
son nom au roman. Une fois que je l’ai eu commencé là-bas, il a été impossible pour moi d’en écrire une ligne à Montréal. J’ai aussi écrit tout un roman (La machine à rêver, paru chez Soulières éditeur), assise sur mon sofa avec mon ordinateur portable sur les genoux, parce que j’avais des problèmes de dos qui m’empêchaient de m’asseoir à mon bureau. Même une fois mon dos rétabli, j’ai continué de travailler sur le sofa. C’est là que j’ai fini le manuscrit. (Je suis de retour au bureau depuis longtemps…)

Carole Tremblay, lectrice

Pouvez-vous nous parler de votre parcours de lectrice, de votre enfance à aujourd’hui ?

C’est une looooooogue histoire. Il me semble avoir toujours lu, même avant d’avoir su lire. Tintin est le premier homme de ma vie littéraire. Par la suite, il a dû partager la vedette avec tante Lucille et la comtesse de Ségur. Ensuite, j’ai fréquenté avec une assiduité de droguée la bibliothèque de mon quartier où je lisais un peu de tout. Encore aujourd’hui, je ne peux pas dormir sans avoir lu au moins quelques pages et je sors rarement de chez moi sans un livre dans mon sac (on ne sait jamais…). Quand je pars en voyage, j’ai deux angoisses, manquer de vêtements chauds (je suis très frileuse) et de lecture. Ce qui fait que je frôle toujours l’excès de bagage. J’ai lu énormément de livres jeunesse, avec et sans mes enfants, mais je suis actuellement en sevrage. J’essaie de lire des livres qui sont plus de mon âge.

Quelles sont vos lectures marquantes?

J’en ai au moins une par année. Avez-vous la soirée ? Du côté jeunesse, je peux difficilement passer à côté de Fifi Brindacier, d’Astrid Lindgren, la série Manolito, d’Elvira Lindo, Soldat Peaceful, de Michael Morpurgo, Ce que j’étais, de Meg Rosoff, Mon amitié avec Tulipe, d’Anne Fine, Capitaine Ours bleu, de Walter Moer, Le dernier des raisins, de Raymond Plante, les albums de Babette Cole et ceux de Claude Ponti. Entre autres. Du côté adulte, je pourrais, au hasard et pour différentes raisons, lancer les noms de Nancy Huston, Raymond Queneau, Deon Meyer, Jean Echenoz, Andrée A. Michaud, Jonathan Coe, Eduardo Mendoza, Suzanne Myre, Jean-Paul Dubois et Bill Bryson. Bon, j’arrête…

Écoutez-vous de la musique lorsque vous lisez? Si oui, avez-vous des chansons, des artistes, des voix que vous associez particulièrement à certaines lectures?

Je n’écoute jamais de musique en lisant. Pas plus qu’en écrivant, d’ailleurs. C’est comme si deux personnes parlaient en même temps dans ma tête. Je n’arrive pas à suivre ni l’une, ni l’autre et tout s’embrouille. Et puis ce n’est pas poli.

Parmi vos lectures, y a-t-il un livre que vous aimez particulièrement partager, recommander ?

Il y en a tellement ! Ça dépend toujours de l’âge du lecteur ou de la lectrice et de l’inspiration du moment.

En un mot… ou plus :

La collection Zèbre en un mot ….ou plus?

Fiction, action, humour, graphisme = plaisir de lire.

Carole Tremblay, la directrice de collection en un mot…. Ou plus ?

Enthousiasme !

Carole Tremblay, l’auteure en un mot… ou plus

Qu’est-ce qu’on s’amuse !

Quel est votre mot préféré de la française? Quel est celui que vous appréciez le moins?

Je n’ai pas de chouchou, ni de tête de turc dans le dictionnaire. Tout est dans la façon de les utiliser. On peut faire des plats délicieux avec des abats… Et se gâcher le souper avec du filet mignon trop cuit (sans compter qu’on peut aussi être végétarien).

Le mot de la fin… autour de la littérature jeunesse : perception, envies, espoirs, etc. À vous!
Je ne suis pas trop pour les sentences à méditer, mais j’aime bien cette blague qui a circulé sur Internet : plus personne ne lit, tout le monde écrit… J’espère que la littérature, jeunesse autant qu’adulte, ne va pas s’affaiblir par excès de vitalité, c’est-à-dire en s’asphyxiant elle-même sous sa propre abondance.

 À lire aussi, une entrevue de Carole Tremblay avec la passionnée de pois rouges et de littérature adolescente… Sophie!

Bibliographie (non exhaustive) de Carole Tremblay:

Quelques albums

La série Floup:

Le Pique-nique de Floup, ill. de Steve Beshwaty, Éditions Imagine, 2012, 24 p.

Floup et le bonhomme de neige, ill. de Steve Beshwaty, éditions Imagine, 2011, 24 p.

Floup fait un gâteau, ill. de Steve Beshwaty, éditions Imagine, 2009, 24 p.

Le nouveau parapluie de Floup, ill. de Steve Beshwaty, éditions Imagine,  2008, 24 p.

Le bouquet de Floup,  ill. de Steve Beshwaty, éditions Imagine, Montréal, 2007, 24 p.

Floup dans le noir, ill. de Steve Beshwaty, éditions Imagine, 2006, 24 pages.

Floup fait la lessive, ill. de Steve Beshwaty, éditions Imagine, 2006, 24 pages.

D’autres albums:

Le Grand jour de Jean-Serge, ill. de Raymond Lebrun, Dominique et compagnie, 2011, 32 p.

Confisqué!, ill. de Isabelle Malenfant, Les 400 coups, coll. «Grimace», 2010, 32 p.

Parents à vendre, ill. de Ninon Peleltier, Les 400 coups, coll. «Grimace», 2010, 32 p.

Pile et poil, ill. Fanny, Dominique et Cie, 2010, 24 p.

Cruelle Cruellina, ill. de Dominique Jolin Les 400 coups, coll. «Grimace», nouv. éd, 2010, 30 p.

Roméo, le rat romantique, ill. de Dominique Jolin, Dominique et Cie, 1997, 32 p. (Finaliste du Prix du livre M. Christie)

Marie-Baba et les 40 rameurs, ill. de Dominique Jolin, Dominique et Cie, 1998, 32 p .

La véridique histoire de Destructotor, ill. de Dominique Jolin. Dominique et Cie, 2000, 32 p. (Sceau d’argent du Prix du livre M. Christie)

Recette de fille à la sauce princesse, ill. de Céline Malépart, Les 400 coups, Montréal, 2001, 24 p.

Recette de garçon à la sauce pompier, ill. de Josée Masse, Les 400 coups, 2001, 24 p.

Juliette, la rate romantique, ill. de Dominique Jolin, Dominique et Cie, 2003, 32 .

Quelques romans

Le Mystère des jumelles Barnes, Bayard Canada Livres, coll. «Zèbre»,2011, 134 p.

Nuit noire, Dominique et compagnie , coll. «Grand roman», 2011, 154 p.

Une terrifiante histoire de cœur, Dominique et cie, 2007, 104 p. (Prix Tamarack)

La fugue de Hugues, Soulières, coll. « Chat de gouttière», 2006, 142 p.

Un chien dans un jeu de quilles, Soulières éditeur, coll.« Chat de gouttière », 2001, 168 p. (Finaliste du prix Hackmatack)

En panne dans la tempête, Boréal, coll. « Boréal Junior », 1993, 127 p.

La nuit de l’Halloween, Boréal, coll. « Boréal Junior », 1992, 95 p.

La douce revanche de madame Thibodeau, Gallimard, coll. «Page Blanche», 1992, 239 p.

La série Fred Poulet

Fred Poulet enquête sur la disparition du patron, ill. de Philippe Germain, Dominique et compagnie, coll. «À pas de loup, 2012 – 32 p.

Fred Poulet enquête sur le vélo volé, ill. de Philippe Germain, Dominique et cie, coll. « À pas de loup », 2010, 48 p.

Fred Poulet enquête sur la sale affaire, ill. de Philippe Germain, Dominique et cie, coll. « À pas de loup », 2009, 48 p.

Fred Poulet enquête sur la mystérieuse madame, ill. de Philippe Germain, Dominique et cie, coll, « À pas de loup », 2009, 48 p.

Fred Poulet enquête sur une chaussette, ill. de Philippe Germain, Dominique et cie, coll « À pas de loup », 2007, 48 p. (Finaliste au prix du Gouverneur Général)

Fred Poulet enquête sur sa boîte à lunch, ill. de Philippe Germain, Dominique et cie, coll. « À pas de loup », 2006, 48 p.

Fred Poulet enquête sur un microbe, ill. de Philippe Germain, Dominique et cie, coll. « À pas de loup », 2005, 48 p.

Pour une bibliographie plus complète, je vous invite à consulter celle disponible sur le site de Communication-jeunesse

 

La collection Zèbre: des rayures pour se fondre dans la lecture

Publié le

Le charmant Nicholas, conseiller littéraire pour Bayard Canada, a récemment répondu à ma soif de découvrir la collection Zèbre, présentée comme suit par l’éditeur :

Une autre façon de lire

Zèbre est une nouvelle collection qui s’adresse aux jeunes de 10 à 14 ans. Chaque roman offre une expérience inédite grâce à un contenu dynamique et une mise en page « flyée ». Le lecteur vit ainsi l’intrigue de l’intérieur en suivant pas à pas les aventures de personnages drôles et attachants.

Cette nouvelle collection est également présentée comme une « accroche lecture » pour les lecteurs rencontrant des difficultés de lecture grâce à ses histoires courtes à la narration directe et dynamique.

Zèbre se caractérise également par une mise en page aérée et un visuel dynamique. Le visuel est un élément constitutif et constructif de la narration à part entière. Illustrations, photo, mise en page, insertions typographiques, tout est pensé selon un schéma particulier : le visuel est aussi un élément de lecture. En plus de servir de rebond, de pauses dans la lecture, il la poursuit et même, la complète. Des éléments visuels non gratuits, et J’apprécie particulièrement le souci du détail qui va jusqu’à lier la pagination au thème abordé dans le roman. Ainsi, dans Le mystère des jumelles Barnes , il est question de geocatching : la pagination est associée à des coordonnées géographiques. Pour l’Après-Monde, c’est un folioscope, et pour Hackerboy, des noms d’utilisateurs en ligne.

Chaque roman se caractérise par une narration courte et directe, comme je l’ai signifié précédemment. N’allez pas croire que brièveté et écriture facile et peu travaillée vont de pair! Bien au contraire, réussir à mettre en place action, protagonistes, lieux, atmosphère et capter tout de suite l’attention du lecteur tout en étant direct et bref demande de l’habileté. Aucun de ses romans n’est une redite de style : chaque auteur-e apporte sa patte/sa voix littéraire tout en respectant la nomenclature propre aux romans Zèbre. Cela donne trois romans qui se lisent- ou plutôt se dévorent- tant l’histoire est accrocheuse grâce à une narration maîtrisée. À noter, Bayard propose pour chacun une bande-annonce et des entrevues.

Le mystère des jumelles Barnes, de Carole Tremblay, invite le lecteur dans une atmosphère angoissante où aventure et peur se mélangent avec subtilité. On suit Victor dans sa découverte du géocatching qui va lui faire vivre une aventure où une sombre légende du XIXe siècle va apporter du piquant dont il se serait bien passé… le géocatching va fusionner une vieille histoire de meurtre, une malédiction et la vie de sa sœur… Alors oui, on angoisse, mais on tourne les pages quand même ! Carole Tremblay arrive à camper une histoire intrigante en peu de temps avec un cadre et des personnages bien marqués. La progression de Victor dans une atmosphère nébuleuse et effrayante est créatrice d’images, de sueurs froides, et le coeur bat un peu plus vite qu’à l’accoutumée… Une histoire courte et rondement menée pour une lecture qui se terminera le souffle un peut court.

Au fait, le cimetière dont il est question dans le roman offre vraiment une cache de géocaching….

L’après-monde de Camille Bouchard propose une histoire de science-fiction avec des airs de fin du monde. Nathan et ses amis s’évanouissent après une expérience chimique qui a mal tourné, mais juste avant de s’effondrer ils aperçoivent une lueur étrange dans le ciel. À leur réveil, ils notent un silence effroyable et les habitants ont tous disparu. Ils se retrouvent seuls dans une ville où résonne d’étranges hurlements. Des hurlements à vous glacer le sang. Le cadre apocalyptique est bien dressé : trois jeunes se retrouvent dans une situation critique qu’ils doivent appréhender rapidement pour survivre. Ce cadre est accrocheur par ses images et par une narration où pointe l’urgence, l’horreur, mais aussi l’incompréhension première de la situation. D’un point de vue narratif c’est le cadre spatio-temporel – bref l’aspect apocalyptique -et l’action qui priment, et le lecteur découvre la ville et ses dangers en même temps que les protagonistes. Cette narration dynamique participe à l’appropriation de la lecture par le lecteur. Cependant, cette appropriation devient parfois quelque peu bancale car le ton est parfois inégal. C’est en fait le ton des personnages qui fait sourciller. On oscille entre l’enfant et l’ado par endroits, ce qui coupe la fluidité des dialogues et gruge l’intensité et l’expression de la situation dramatique. Cet aspect n’empêche pas la lecture de rester pleinement dynamique et de créer une atmosphère dont on ressent pleinement la destruction totale. C’est un premier tome qui réussit tout de même à installer les prémisses d’une histoire bien accrocheuse et on se demande ce que la suite nous réserve.

Hackerboy ! Hackerboy ! Hackerboy ! Et oui, j’ai fait du titre du roman de Julie Champagne un cri de ralliement. Alex est H@ckerb0y, un traqueur d’escrocs sur le net. Alors qu’il s’apprête à pirater le serveur d’une compagnie, il tombe sur un courriel qui va le mettre dans le trouble. Hackerboy va être traqué par des cybercriminels oeuvrant pour une dangereuse organisation. Comme pour les deux autres romans, la narration est vive, directe, créatrice d’images et propose une action menée tambour battant. À cela s’ajoute un humour dévastateur. Un humour bien ciselé dont le héros, Alex, fait sa marque de commerce. On tombe sous le charme de cet adolescent passé maître dans la dérision et l’autodérision. Humour encore avec des personnages secondaires savoureux. Humour toujours avec des comiques de situations, des réparties et pensées fines drôles qui ponctuent les situations dramatiques. Cet aspect m’a d’ailleurs fait penser aux réparties de films d’action, celles que prononce un héros plus qu’improbable qui nous propose une histoire elle-même plus qu’improbable et pourtant diablement accrocheuse. Hackerboy, c’est un peu ça : un héros improbable, une histoire au dénouement improbable… mais terriblement réjouissante ! C’est le propre de la fiction, non ?

Sophie a réalisé des billets très complets sur la collection Zèbre et sur chacun des romans. Allie a beaucoup aimé Le mystère des jumelles Barnes, et Susane Duchesne de la librairie Monet en parle aussi.

Le mystère des jumelles Barnes, Carole Tremblay, Bayard Canada, coll. «Zèbre», 2011, 135 p.

L’après-monde, Camille Bouchard, Bayard Canada, coll. «Zèbre», 2011, 151 p.

Hackerboy, Julie Champagne, Bayard Canada, coll. «Zèbre», 2011, 123 p.

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