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Archives de Tag: poésie

Pixels et poésie

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Toute la force verbale, imagée et émotive du haïku mise au service des nouvelles technologies… Étonnant ? Je dirais plutôt renversant !

Les nouvelles technologies font partie de nos vies, elles y participent, et pourtant, c’est comme si leurs aspects magiques et même poétiques étaient effacés au profit de leur rentabilité. Pixels, recueil de haïkus, leur porte un autre regard. Si elles sont abondamment utilisées, elles sont tout aussi abondamment décriées : on se plaît à honnir leur soi-disant inhumanité. Pourtant, ne font-elles pas partie de nous ? N’incarnent-elles pas aussi une facette, une nouvelle expression, aussi bien positive que négative, de l’humain ?

pixelsPixels, réalisé sous la direction d’André Duhaime et Hélène Leclerc, est un petit bijou de poésie et d’écriture contemporaine. Ce collectif est de ces littératures qui regardent le monde défiler et s’en imprègnent pour créer. Oui, il y a de la poésie dans les nouvelles technologies : tout est question de regard, de conscience du monde qui nous entoure. Ces haïkus nous permettent d’appréhender les avancées technologiques différemment et d’en ressentir les aspects humains que nous leurs nions : universalité, versatilité, solitude, communion, joie, vie, beauté, solitude, mort…

D’haïkus anodins, romantiques, cyniques, aux haïkus faits de rires, d’incongruité, de silences et de larmes, se dessinent des formes et des visages anonymes qui sont vous, moi. Le défi du haïku est d’aller à l’essentiel, de percevoir ces petites choses presque invisibles, ces « pixels » qui composent notre monde, nos vies, ces pixels qui nous composent. De là, naît une goutte de poésie, qui, flic, flac, floc, tombent sur le bout des doigts et amène à voir, à rêver, mais aussi à réfléchir ce nouveau monde « électrotechnologique » que nous créons et que nous vivons, ensemble.

En voici quelques-uns à murmurer, à scander, à slammer, à courrieler, à scanner ou à entourer de silence. Pas encore disponibles en MP3, pour le moment…

« dans la boîte vocale
le silence de son père
trois fois »

« dans le bus deux ados
baladeurs aux oreilles
rythmes différents »

« clavarder avec un ami
chez lui
déjà demain »

« derrière l’ordi
spaghetti de fils
pleins de poussière »

Pixels, collectif sous la direction d’André Duhaime et Hélène Leclerc, Éditions Vents d’ouest, 2008

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Pour acheter Pixels, c’est par ici

Cette critique a été publiée une première fois sur le site de la Librairie Monet (la meilleure librairie jeunesse de Montréal! ;-) )

Mots doux pour endormir la nuit

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Il y a quelque temps je mentionnais qu’un extrait de Mots doux pour endormir la nuit avait suffi à me séduire et à m’influencer pour ne pas attendre sa disponibilité en bibliothèque, et donc, l’acheter. C’est chose faite aujourd’hui.

Je suis généralement assez difficile avec les livres-cd, qu’il s’agisse d’histoires, de comptines, de berceuses, de chansons ou de poésie, je suis « sélectlivre ».

Je suis très sensible à deux choses dans un premier temps: les voix et l’ambiance musicale. Rien n’est plus horripilant qu’une voix aux fausses intonations ou qui s’adresse aux enfants avec un petit ton gazouillant pour les bébés. La musique ensuite. La musique fait partie de l’essence même du livre-cd, et celle-ci n’est bien trop souvent qu’un amalgame de bruits et d’instruments créant un son « enfantin » et, bien souvent, insupportable. La musique d’un livre-cd n’est pas juste un accompagnement musical, elle se doit aussi de raconter (à ce titre, les éditions Milan, Didier, La Montagne secrète et Gallimard font un excellent travail). La musique est un espace de création et les enfants ont droit à de la qualité, à du style, et à de l’innovation. Alors, oui, le classique, la guitare, le rock, le jazz c’est aussi pour les enfants, et même la musique métal…

Une fois que la musique et la voix m’ont laissée entrer dans leur univers, là, je prête attention au texte. Encore une fois, comme pour la musique et la voix, je rejette toute mièvrerie. Comptines, chansons, berceuses, poésie, textes, et contes doivent séduire par leur fluidité et leur voix narrative.

Et alors, me direz-vous, qu’en est-il Des mots doux pour endormir la nuit?

Et bien, je vais encore faire une digression 😉 J’ai vu passer de nombreuuuxxx ouvrages sur le thème du dodo et de la nuit et beaucoup sont…. pédagogiques. Une histoire? Que nenni! Message, message, message. Du côté des livres-cd, sur ce thème, ce problème se retrouve rarement car la production propose surtout des recueils de berceuses et chansons traditionnelles, et de berceuses du monde (ohh, celles de chez Didier !!). Bref, ce qui fait déjà parti d’un patrimoine culturel est souvent mise en exergue encore et encore dans les livres-cd. Cela n’est pas mauvais, loin de là. Mais en ce qui concerne la création de (bons) textes pour les petits, le genre de la berceuse et de la poésie sont plutôt… folichons.

mots douxMots doux pour endormir la nuit n’est pas de ces livres-cd insupportables dont j’ai parlé ci-dessus. Commençons par les éléments auxquels je suis sensible.

Tout d’abord la musique, signée Étienne Loranger. Enveloppante, calmante, elle invite à se poser, à fermer les yeux et à écouter, vraiment. S’arrêter quelques instants, ne rien dire. Les instruments à cordes, ici le violon, l’alto, et le violoncelle rebondissent légèrement sur l’accordéon, l’accompagnant dans les mouvements de la voix du conteur Jacques Pasquet.

Ensuite, la voix. Elle est calme, posée. Elle dit, elle raconte. Le ton invite à l’écoute. Jacques Pasquet est conteur. Pour ceux qui en doutent encore, oui, c’est un métier, un vrai. On entend tout le métier dans cette voix, mais aussi toute la passion de raconter, et surtout le plaisir de le faire.

Et enfin, les textes. La poésie pour les petits ça doit être une poésie comme pour les grands, elle doit faire frissonner, elle doit toucher. Jacques Pasquet offre des mots très doux, où la nuit et les rêves deviennent des petits moments. La littérature c’est ça aussi, la création de moments uniques. Les moments de ce livres-cd sont parfaits pour apprivoiser la nuit et entrer dans le sommeil, et les illustrations de Marion Arbona sont comme les rêves : entre étrangeté, mondes inventés, mondes rêvés, elles apportent à l’album un visuel onirique où la douce folie des rêves éclate.

La poésie n’a pas d’âge.

Drôle de rêve

À califourchon

Sur l’oreiller de la nuit

Un drôle de rêve

Tout rond

Se glisse au creux de ton sommeil

À quatre pattes

Au milieu de ton lit

Il dessine des images

Paysages nocturnes

Qu’il cache sous ta couette

Jacques Pasquet

Pour en écouter, un extrait, c’est par ici:

Mots doux pour endormir pour la nuit, images poétiques pour un oreiller, Jacques Pasquet, ill. de Marion Arbona, musique de Étienne Loranger, Planète rebelle, 2011.

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Pour acheter Mots doux pour endormir la nuit, c’est par ici

Tiens, un dernier partage : une de mes coups de coeur du moment, découvert via une orthophoniste. Il s’agit d’enfants qui chantent, et ils ont aussi participé la création de la chanson. Résultat?On l’a dans la tête!

Alors je vous présente la chorale, les Enfantastiques!!! Clap, Clap, Clap!

La citation du jeudi est éléphantesque

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Voilà la citation du jeudi de retour pour moi.

Cette fois-ci j’ai pensé à Guy Marchamps en le voyant mis de l’avant dans ma bibliothèque, ce qui m’a fait penser à ma super-incroyable-étonnante-adorable, bref, géniale -et-que j’adore nouvelle collègue, qui connaît Guy Marchamps. Respirons à nouveau, la boucle est bouclée.

 

« Qui sait?

Qui sait vraiment

si la tortue n’est pas une pierre

qui, à force de rêve, est parvenue à avancer?« 

Guy Marchamps est poète, libraire aussi (on lui doit aussi, toujours chez Soulières, le très doux La vraie vie goûte les biscuits). J’ai eu à lire et critiquer La nuit tous les éléphants sont gris, et je garde de cette lecture un souvenir délicieux et moelleux à souhait.

La nuit, tous les éléphants sont gris est tout doux, et s’accompagne d’un brin de folie douce, celle de ceux qui s’étonnent, et aiment jouer avec les mots .On y pioche, au gré des pages, quelques phrases, quelques mots qu’on se plaît à répéter. De petites mélodies qui font du bien.

C’est bon de se fondre dans la tendresse et dans les nuages parfois, non?

La nuit, tous les éléphants sont gris, Guy Marchamps, ill. par Marie-Claude Favreau, éd. Soulières, coll. Ma petite vache a mal aux pattes, 2008


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