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L’oeil de la corneille, Shane Peacock. Sherlcok Holmes, pour toujours.

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Entre mystère et fascination, Sherlock Holmes est une empreinte de l’enfance. Je me souviens des romans de Conan Doyle sans pouvoir, étrangement, me souvenir de l’un d’eux en particulier, car ce qu’il me reste de lui oscille entre fugacité et rêverie. Le souvenir, un sentiment si étrange, parfois. Je classe Sherlock dans les souvenirs remplis d’affection. Et même si, lors de la lecture, je sentais que certaines choses m’échappaient ou que je ne comprenais pas tous les mots, peu m’importait, car j’aimais mon détective. Je l’aimais, oui.

oeil-de-la-corneilleAlors, lorsque je me suis plongée dans L’œil de la corneille, je l’ai fait avec crainte et une légère réticence, car je craignais de perdre les traces laissées par mes souvenirs, de les voir saccagés. Il est terrible de perdre les saveurs laissées par les lectures d’enfance, c’est comme si une part de nous s’altérait, se déchirait et se perdait, définitivement.

Mais, quelle surprise ! Quel bonheur de retrouver mon Sherlock… et de le découvrir aussi.

Merci Shane Peacock. Merci de faire revivre avec délicatesse et intelligence un des héros les plus marquants de mon enfance, et de la vôtre aussi, car on sent à la lecture que vous aimez Sherlock, que vous le respectez.

Peacock nous emmène dans un Londres où, entre l’aristocratie et les quartiers mal famés, notre jeune Sherlock Holmes mène sa première enquête avec brio. L’atmosphère de l’époque est admirablement bien rendue. Peacock a un sens du détail qui apporte au roman une saveur toute particulière, il est de ces auteurs qui permettent de s’approprier les lieux et de les visiter véritablement. C’est donc avec plaisir, et non sans quelques frissons, que l’on s’immerge dans ce Londres du dix-neuvième siècle. On se surprend même à entendre résonner ses propres pas sur les pavés londoniens.

Peacock nous embarque dans les méandres d’une enquête sinueuse et dangereuse, il nous plonge dans les bas-fonds d’une ville et nous perd dans les tréfonds de l’humain. Notre jeune Sherlock va devoir enquêter sur un coupable pour pouvoir se disculper. Dés le début, son intelligence, son impétuosité et son sens de la justice sont là, présents, sa solitude aussi. L’art et la virtuosité de Sherlock Holmes naissent sous les yeux du lecteur, et c’est avec avidité que l’on suit notre détective, avec angoisse aussi. On sent imperceptiblement que derrière cette naissance se cache une faille, une brisure irréparable. Sherlock Holmes recolle les morceaux, alors que lui-même semble être un éclat de verre brisé, fêlé. De là aussi naîtra sa superbe.

Au détour de sombres ruelles, il ne résoudra pas seulement un crime, il se trouvera, se créera lui-même, Sherlock Holmes détective, mais à quel prix…

Une genèse est dessinée, un personnage hors du commun renaît. Encore une fois je me retrouve nourrie par une lecture, je laisse le souvenir prendre sa place, je laisse Sherlock Holmes, héros et fascination de mon enfance, devenir une nouvelle empreinte, je le laisse vivre à nouveau. Peut-être deviendra-t-elle fugace, peu importe, car il est là, quelque part.

La jeunesse de Sherlok Holme. L’oeil de la corneille, Shane Peacock, Bayard Canada, traduction de Pierre Corbeil, 2008

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Cette critique a été publiée une première fois sur le site de la Librairie Monet (la meilleure librairie jeunesse de Montréal! ;-))

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